Édito
Hier encore, la route nationale Coyah–Kindia s’est transformée en scène de tragédie. À Koubassaya, ce mardi 9 décembre 2025, un camion-benne a percuté un minibus reliant Conakry à Kindia. Sept morts sur le coup. Et, comme souvent dans ces drames qui se répètent, le bilan n’a cessé de s’alourdir : une huitième victime, Nabilaye Soumah, 15 ans, l’apprenti du minibus, a finalement succombé à ses blessures lors de son évacuation vers Conakry.
Huit morts. Huit vies brisées. Huit familles anéanties. Et un pays, une fois de plus, confronté à une question lancinante : combien de morts faudra-t-il encore pour que la Guinée prenne enfin au sérieux l’hécatombe de ses routes ?
Les témoins, les secouristes, les médecins… tous racontent la même histoire. Des routes mal entretenues, des camions surchargés lancés à vive allure, des conducteurs épuisés, un système de contrôle quasi inexistant. Et au milieu de ce chaos, ce mardi, des passagers qui ne demandaient qu’à rallier Kindia.
Le jeune Nabilaye Soumah, 15 ans, apprenti – comme des milliers d’enfants livrés très tôt au monde des transports sans formation, sans protection, sans encadrement – n’a pas survécu. Sa mort symbolise une réalité plus vaste : nos routes ne tuent pas seulement par accident, elles tuent par abandon.
Les autorités réagissent souvent après chaque drame, le temps d’un communiqué, d’une visite à l’hôpital, d’une promesse de « mesures ». Puis tout recommence. Jusqu’au prochain communiqué.
Et pendant ce temps, la route nationale n°1 continue d’engloutir des innocents.
Ce qui s’est passé à Koubassaya n’est pas un simple fait divers. C’est le symptôme d’un système défaillant qui, tant qu’il ne sera pas repensé, continuera de transformer des trajets ordinaires en funérailles collectives.
La Guinée ne peut plus se permettre d’accepter l’inacceptable. Parce que derrière chaque victime, il y a un nom. Une famille. Une histoire. Et hier, il y avait surtout Nabilaye Soumah, 15 ans, qui n’aura pas eu le temps d’apprendre à devenir adulte.
Nos routes ne doivent plus être des tombes à ciel ouvert.
Sibé Fofana





































