Nouveau rebondissement au tribunal de première instance de Dixinn, ce jeudi 18 décembre 2025. Appelé à témoigner dans le cadre du procès sur le massacre du 28 septembre 2009, le colonel Bienvenu Lamah, ancien responsable du centre d’instruction de Kaleyah, a choisi une ligne de défense sans équivoque : prendre ses distances avec le capitaine Moussa Dadis Camara, alors chef de la junte au pouvoir.
Poursuivi pour crimes de sang et exactions présumées commises au sein du camp qu’il dirigeait à l’époque, l’officier a catégoriquement rejeté toute accusation de complicité avec l’ancien régime militaire. Face aux avocats de la partie civile, il a soutenu n’avoir jamais appartenu au premier cercle du pouvoir de 2009.
« Je n’ai rencontré Dadis Camara pour la première fois qu’à la Maison centrale », a-t-il affirmé à la barre, niant toute proximité antérieure avec l’ex-chef de la junte.
Pour étayer sa défense, le colonel Lamah est longuement revenu sur la configuration des forces déployées à Kaleyah en 2009. Selon lui, les éléments présents dans le camp n’étaient pas des gendarmes, mais des fantassins encadrés par des instructeurs étrangers. Il a également tenu à préciser la chaîne de commandement, indiquant que le premier contingent arrivé le 31 juillet 2009 relevait de l’autorité de l’aide de camp du général Sékouba Konaté, et non directement de la présidence.
Cette phase du procès porte sur sept accusés, dont trois restent toujours en fuite : le colonel Gono Sangaré, Jacques Maomy et Blaise Kpoghomou. Ils sont poursuivis pour des faits d’une extrême gravité, notamment meurtres, assassinats, viols, tortures, enlèvements et entraves aux mesures d’assistance aux victimes.
Au regard de la complexité des interrogatoires et de la densité des témoignages, le tribunal a décidé de suspendre les débats. L’audience a été renvoyée au 12 janvier prochain, date à laquelle le colonel Bienvenu Lamah devra reprendre sa confrontation avec les parties civiles.
Saliou Keita






































