La politique guinéenne peut-elle enfin sortir de la logique du vainqueur et du vaincu ? En recevant, ce mercredi 18 février 2026, les candidats malheureux à la présidentielle du 28 décembre 2025, le Premier ministre Bah Oury envoie un signal clair : celui d’un pouvoir qui veut refermer la page des tensions pour ouvrir celle du dialogue.
Officiellement, selon la Primature, la démarche vise à apaiser le climat politique et à renforcer la confiance entre les acteurs. Mais au-delà du communiqué, le geste est éminemment politique. Dans un pays où chaque élection a longtemps rimé avec fractures et contestations, la symbolique compte autant que les discours.
À la sortie des échanges, la présidente du Front pour l’alliance nationale (FAN), Makalé Camara, n’a pas caché sa satisfaction. Elle a salué une initiative « de bon aloi », rappelant que « le dialogue, les échanges, la communication » sont les fondations d’une nation solide. Un propos qui tranche avec les postures de confrontation auxquelles l’opinion publique est habituée.
La Primature précise que cette rencontre n’est qu’une première étape. D’autres consultations sont annoncées avec les acteurs du scrutin, avant un élargissement à l’ensemble des composantes sociopolitiques. Une méthode progressive qui suggère une volonté d’institutionnaliser le dialogue plutôt que de le limiter à un simple exercice de communication.
Plus significatif encore est le message porté par Makalé Camara sur le sens du scrutin. Pour elle, l’élection présidentielle « est une victoire de la Guinée ». Une formule forte, qui reprend l’idée avancée par le chef de l’État selon laquelle il n’y aurait « ni gagnant ni perdant ». Un discours rassembleur, certes, mais qui ne prendra tout son sens que s’il se traduit par des actes concrets d’inclusion politique.
La responsable du FAN a également insisté sur le climat apaisé du scrutin, appelant à préserver cette dynamique lors des prochaines échéances électorales. « La politique doit demeurer un débat d’idées et non un combat de dupes », a-t-elle affirmé. Une déclaration qui sonne comme un rappel à l’ordre dans un paysage politique souvent miné par les invectives et la suspicion.
Reste à savoir si cette main tendue débouchera sur un véritable pacte de confiance. Car le dialogue n’est crédible que s’il est suivi d’effets : réformes inclusives, garanties institutionnelles, respect du pluralisme.
En recevant ses adversaires d’hier, Bah Oury esquisse les contours d’une nouvelle méthode. Mais en Guinée, plus que les rencontres, ce sont les résultats qui feront foi.
Abdoul Chaolis Diallo






































