Lors d’un meeting tenu samedi dernier à New York, l’ancien Premier ministre et président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, a livré un témoignage poignant sur la détresse des Guinéens contraints de fuir leur pays. Devant un public ému, le leader de l’opposition a rappelé la dure réalité vécue par nombre de ses compatriotes, aujourd’hui réfugiés aux États-Unis.
« Vous êtes nombreux à avoir fui la Guinée pour venir ici. Certains ont traversé de difficiles épreuves pour être là », a-t-il déclaré, conscient de la douleur d’un exil souvent synonyme de souffrance et de désillusion. Il a évoqué le parcours périlleux de ceux qui, avant l’ouverture du corridor du Nicaragua, passaient par le Brésil ou même la forêt amazonienne pour atteindre l’Amérique.
Mais au-delà des discours, c’est un témoignage personnel que Cellou Dalein Diallo a partagé. Son hôtel à New York, confie-t-il, a été littéralement pris d’assaut par des demandeurs d’asile guinéens venus le rencontrer. « J’ai fait au moins une photo à New York avec des demandeurs d’asile venus à l’hôtel. On était tellement embêtés que l’hôtel a dû menacer de nous expulser. Finalement, il nous a prêté une salle pour que les gens quittent le hall et ne gênent pas les autres clients. »
Même après cela, la situation n’a pas cessé. « Quand je rentre dans ma chambre, une ou deux heures après, il y a 50 personnes en bas, il faut venir les libérer », raconte-t-il avec émotion, évoquant une scène semblable vécue à Montréal.
À travers ce récit, Cellou Dalein Diallo dresse le portrait d’une Guinée qui fait fuir ses enfants, d’un peuple brisé entre la survie et l’espoir. Derrière l’anecdote, se cache un appel silencieux : celui d’un pays à réconcilier avec lui-même.
Dans les paroles de Cellou Dalein Diallo résonne bien plus qu’une compassion politique : c’est le cri d’un leader témoin d’une tragédie nationale. Ces jeunes qui frappent à la porte des hôtels, photos à la main et espoirs en lambeaux, symbolisent l’échec collectif d’un pays qui ne parvient plus à retenir ses forces vives.
L’exil n’est pas un choix, c’est une fuite — et tant que la Guinée n’offrira pas à ses enfants une raison d’y croire, New York, Montréal ou Brasilia continueront d’être les haltes forcées d’une diaspora en quête de dignité.
Algassimou L Diallo






































