Dans le tumulte d’une transition qui s’éternise, certains choix politiques résonnent comme des ruptures. La démission de Diabaty Doré de l’ANAD en est une. Quelques heures après avoir tourné le dos à la coalition de l’opposition dirigée par Cellou Dalein Diallo, le président du RPR a pris la plume et la parole pour s’expliquer. Plus qu’un simple départ, son geste ressemble à une mise en garde : « Il ne faudrait pas qu’on commette les mêmes erreurs qu’en 2020 ».
Car derrière la décision, il y a d’abord une lecture stratégique : le temps de la lutte unitaire contre le CNRD a cédé la place à celui de la préparation électorale. Diabaty Doré le martèle : « Nous voulons des élus. Nous voulons des maires, des députés, et demain pourquoi pas briguer la présidence. » Une ambition assumée, dictée par la base de son parti, qui l’exhorte à sortir de l’ombre des grandes formations pour tracer son propre chemin.
L’homme se défend pourtant de toute rupture personnelle avec Cellou Dalein. Il parle d’un échange respectueux, d’une amitié préservée. Mais la politique n’est pas affaire de sentiments. Le choix du RPR est clair : se positionner dans l’arène à l’heure où les urnes se profilent. Car l’histoire récente pèse lourd. En 2020, le boycott des législatives par l’opposition avait laissé des cicatrices. Doré veut croire que son parti ne se laissera pas piéger une seconde fois.
Reste la grande équation du référendum du 21 septembre. Le RPR tranchera après consultation interne. Faut-il s’engager ? Battre campagne pour un camp ou pour l’autre ? Pour l’instant, Doré temporise, renvoyant la décision à ses structures. Mais une chose est sûre : il ne restera pas spectateur.
Quant aux soupçons de rapprochement avec les autorités de transition, l’intéressé esquive, rappelant qu’il n’a « jamais eu de contact direct » avec le pouvoir. Officiellement, la décision de quitter l’ANAD n’est que le fruit d’une longue réflexion et d’un consensus interne.
Ainsi s’ouvre un nouveau chapitre pour le RPR. Un pari risqué, certes, mais qui traduit une volonté d’exister par soi-même. Dans une scène politique saturée par les grandes figures, Diabaty Doré choisit l’autonomie. Avec, en ligne de mire, une promesse faite à sa base : ne plus répéter les erreurs d’hier.
Saliou Keita






































