Reconduit à la tête du gouvernement, Bah Oury n’a pas perdu de temps pour fixer le cap. Au cœur de son discours : le dialogue, érigé non en option politique, mais en condition de survie nationale. Pour le Premier ministre, la Guinée ne peut aspirer ni à la paix durable ni à la performance économique sans un socle solide de stabilité, lui-même indissociable d’un dialogue permanent entre les forces vives du pays.
« Sans la stabilité, rien de solide ne peut être construit », martèle-t-il. Une affirmation qui résonne comme un avertissement dans un pays marqué par des cycles répétés de crispations politiques et de crises institutionnelles. Bah Oury plaide pour un environnement fondé sur la paix, la cohésion et le partage, convaincu que seule une culture de l’échange peut permettre à la société guinéenne de se projeter vers l’avenir.
Dans sa vision, le dialogue n’est ni conjoncturel ni opportuniste. Il doit accompagner l’action gouvernementale en toutes circonstances, quels que soient les sujets ou les désaccords. L’objectif est clair : bâtir une société dynamique et ouverte, capable d’intégrer la diversité des opinions et de transformer les divergences en leviers de construction collective. Même ceux qui, aujourd’hui, s’opposent à la vision portée par le pouvoir pourraient, selon lui, être amenés à évoluer au fil des échanges, dans une logique de responsabilité partagée.
Le chef du gouvernement insiste également sur la nécessité de rompre avec les pratiques du passé. Il rejette toute gouvernance fondée sur la concentration des décisions entre les mains d’un cercle restreint, source d’exclusion et de frustrations. À l’inverse, il prône une implication réelle de toutes les forces sociales et politiques, afin que chacun se reconnaisse dans le projet républicain et dans la construction d’institutions fortes, telles que prévues par la Constitution.
Plus profondément, Bah Oury ambitionne de tourner la page des rigidités politiques et comportementales qui ont longtemps nourri les crises et les tragédies nationales. Il appelle à une flexibilité intelligente, fondée sur l’équilibre institutionnel et la participation inclusive, pour faire évoluer la société guinéenne dans une dynamique ascendante. Une évolution qu’il compare à une spirale vers le haut : un mouvement continu, maîtrisé, orienté vers le progrès.
Derrière ce plaidoyer pour le dialogue se dessine une promesse politique : celle d’une Guinée stable, non violente, capable de mobiliser son intelligence collective, son savoir et sa sagesse au service du bien commun. Reste désormais à traduire ces mots en actes durables, dans un contexte où la confiance demeure fragile et les attentes, immenses.
Amadou Diallo






































