À moins de trois mois de la présidentielle annoncée pour le 28 décembre prochain, les inquiétudes se multiplient autour du processus électoral en Guinée. Plusieurs acteurs politiques estiment que les conditions légales et techniques ne sont pas encore réunies pour garantir un scrutin crédible et transparent. Parmi eux, Dr Abdoulaye Diallo, président du Mouvement pour la Solidarité et le Développement (MSD) et membre de l’Union Sacrée des Forces Vives de Guinée (US-FVG), tire la sonnette d’alarme.
Rencontré ce vendredi 10 octobre 2025 à Conakry, Dr Diallo n’a pas mâché ses mots. Pour lui, l’organisation de la future présidentielle souffre de nombreuses irrégularités.
« Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas. Le code électoral a certes été promulgué, mais il n’a jamais été publié. L’article 164-115 de la Constitution, qui prévoit la mise en place d’un organe de gestion des élections, n’est pas appliqué. On veut que la DGE organise, on n’est pas contre, mais il y a quand même certains principes qui manquent. Il faut que nous attendions encore », a-t-il fustigé devant un groupe de journalistes.
Le leader du MSD estime que le pouvoir actuel est en train de violer les textes fondamentaux.
« Il y a un manquement aux principes. L’organe électoral n’est pas désigné légalement. Il faut un acte administratif clair pour dire si la DGE va organiser ou non. Autrement, on doit mettre en place une commission. La Constitution a été promulguée, mais elle n’est pas encore respectée », déplore-t-il.
Pour Dr Diallo, la fixation de la date du scrutin aurait dû intervenir seulement après la publication du code électoral et la clarification des règles du jeu.
« On doit d’abord publier le code, déterminer les conditions de participation, les cautions, et ensuite fixer la date. Aujourd’hui, nous ne sommes pas prêts à organiser une élection crédible », affirme-t-il.
Abordant la question de la neutralité des autorités de transition, le président du MSD rappelle les engagements pris par le chef de l’État.
« Le général est venu, personne ne l’a obligé. Il s’est engagé à ne pas être candidat, tout comme les membres du gouvernement et du CNT. Nous soutenons cette position. La Constitution ne lui permettra pas de se présenter, c’est la charte de la transition qui s’applique », insiste-t-il.
Quant à la participation de son mouvement à la prochaine présidentielle, Dr Diallo reste prudent mais confiant.
« Nous sommes en train de réfléchir à la désignation de notre candidat. Soit par correspondance, soit à travers un conseil national. Comme il n’y a pas encore de date limite, nous avons le temps de bien préparer notre candidature », a-t-il confié.
Alors que le compte à rebours est lancé, ces alertes mettent une fois de plus en lumière les défis auxquels fait face le processus électoral guinéen, entre urgence du calendrier et respect des règles constitutionnelles.
Marliatou Sall






































