Au moment solennel de la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle, ce dimanche 4 janvier, un rebondissement inattendu est venu troubler le rituel institutionnel. La Cour suprême a annoncé le désistement d’Abdoulaye Yéro Baldé, candidat du FRONDEG, de son recours contre les résultats provisoires du scrutin du 28 décembre 2025. Une décision aussitôt interprétée, commentée et parfois sévèrement jugée dans l’opinion.
Sur les réseaux sociaux, les procès d’intention n’ont pas tardé. Pour certains internautes, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur n’aurait été qu’un figurant dans une élection dont l’issue semblait scellée d’avance. Une lecture expéditive que le principal concerné conteste, documents à l’appui.
Dans un courrier officiel adressé au président de la Cour suprême, Abdoulaye Yéro Baldé notifie formellement son retrait de la procédure engagée le 2 janvier 2026. Mais loin d’un renoncement politique, le candidat invoque des « circonstances regrettables » ayant entaché, selon lui, la régularité même de l’introduction de son recours. Il évoque notamment les difficultés rencontrées par ses avocats pour accéder au siège de la haute juridiction, malgré un dossier conforme et leur statut d’auxiliaires de justice, une situation qui n’aurait été débloquée qu’après l’intervention du Bâtonnier.
Ces conditions ont nourri un doute profond sur la capacité de la procédure à garantir les principes d’un procès juste et équitable, tels que reconnus par le droit guinéen et les engagements internationaux du pays. Face à cette incertitude, Baldé dit avoir fait le choix de la retenue, au nom de la stabilité des institutions et de la préservation du climat constitutionnel dans une phase politiquement sensible.
Conscient des interprétations hostiles, le candidat du FRONDEG a tenu à clarifier sa posture : ce désistement, insiste-t-il, ne vaut ni aveu ni abandon de ses convictions. Il s’agit, selon ses propres termes, d’un acte de responsabilité politique visant à éviter toute crispation institutionnelle inutile.
Reste que cet épisode laisse un goût d’inachevé. Entre soupçons persistants, interrogations sur le fonctionnement effectif des mécanismes de recours et appel à l’apaisement, le retrait d’Abdoulaye Yéro Baldé pose une question centrale : peut-on consolider la démocratie sans rassurer pleinement sur l’égalité d’accès à la justice électorale ? Au-delà des mots, c’est désormais à l’État et à ses institutions de lever les zones d’ombre.
Algassimou L Diallo





































