À peine les résultats de la présidentielle de 2025 confirmés par la Cour suprême, la parole gouvernementale s’est empressée d’occuper l’espace. Ousmane Gaoual Diallo, ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, a réagi à l’élection de Mamadi Doumbouya à la magistrature suprême, saluant ce qu’il présente comme une expression « claire et massive » de la volonté populaire.
Dans un message publié sur sa page Facebook, le ton est solennel, presque triomphal. « La Guinée a choisi. La démocratie s’est exprimée », écrit-il, avant d’insister sur un chiffre érigé en symbole : 86 % des suffrages dès le premier tour. Pour le porte-parole du gouvernement, il n’y a ni ambiguïté ni débat possible. Le verdict des urnes serait net, apaisé, confirmé par l’institution suprême, et suffisant pour clore toute contestation.
Au-delà de la célébration, le message se veut surtout politique. En parlant d’« une page d’espoir, de responsabilité et d’engagement collectif », Ousmane Gaoual Diallo cherche à inscrire cette victoire dans une dynamique nationale, présentée comme inclusive et tournée vers l’avenir. La victoire ne serait pas seulement celle d’un homme, mais celle d’un peuple « courageux » et « déterminé à aller de l’avant ».
Reste que derrière l’appel à l’unité et à la construction collective, se dessine une ligne claire : celle d’un pouvoir qui revendique une légitimité populaire forte et entend désormais gouverner au nom de cette confiance proclamée. Le discours est posé, maîtrisé, mais porteur d’un enjeu central : transformer cette victoire électorale, brandie comme incontestable, en réponses concrètes aux attentes profondes des Guinéens. Car après le temps des proclamations et des symboles, viendra inévitablement celui des actes.
Amadou Diallo






































