À peine investi le 17 janvier dernier, le président de la République, Mamadi Doumbouya, s’est engagé à gouverner sous le sceau de « l’intégrité, de la justice et de la responsabilité ». Des mots forts, souvent proclamés, rarement mis à l’épreuve dès les premiers pas du pouvoir. Pourtant, la Constitution guinéenne ne laisse guère de répit au nouveau chef de l’État.
L’article 60 est sans détour : le président est tenu de déclarer sur l’honneur l’ensemble de ses biens, à l’entrée comme à la sortie de ses fonctions. Une obligation constitutionnelle qui sonne comme un rappel à l’ordre républicain, là où le pouvoir a longtemps rimé avec opacité.
Dès l’entame de son mandat, le compte à rebours est enclenché. Dix jours francs après l’investiture : pas un de plus. C’est le délai accordé au chef de l’État pour déposer, auprès de la Cour constitutionnelle, une déclaration écrite et exhaustive de son patrimoine. Un acte symbolique autant que politique, censé traduire dans les faits l’engagement proclamé de transparence.
Mais la loi ne s’arrête pas au seuil du palais présidentiel. Elle regarde aussi vers la sortie. À la fin du mandat, la même exigence s’impose : une nouvelle déclaration de patrimoine, dans un délai identique de dix jours. Cette fois, c’est la Cour des comptes qui entre en scène, investie du rôle de gardienne des chiffres et des écarts.
Car c’est là que se joue le véritable enjeu. Tout accroissement de patrimoine, toute différence notable entre la déclaration de départ et celle de fin de fonctions devra être expliquée, justifiée, démontrée. Devant la Cour des comptes, et devant l’histoire.
Dans un pays marqué par des décennies de gestion trouble et de fortunes inexpliquées, cette disposition constitutionnelle n’est pas une simple formalité administrative. Elle est un test. Un test de cohérence entre le discours et les actes. Un test de rupture avec les pratiques du passé.
La transparence ne se proclame pas, elle se prouve. Et pour le nouveau président, la chronique du septennat commence peut-être là : dans l’inventaire honnête de ce qu’il possède… et de ce qu’il laissera.
Amadou Diallo






































