Il y a des phrases qui dépassent le simple cadre protocolaire. Des mots qui, prononcés au bon moment, sonnent comme un avertissement, voire comme un compte à rebours. Ce lundi 9 février 2026, à l’occasion de la passation de service à la Primature, le Premier ministre Bah Oury n’a pas parlé pour meubler l’instant. Il a parlé pour marquer l’Histoire.
Trois années. Pas une de plus, pas une de moins. Trois années que le chef du gouvernement décrit comme décisives, presque fondatrices, pour l’avenir de la Guinée. Non pas un simple segment de calendrier politique, mais une fenêtre stratégique où tout peut basculer : soit le pays pose enfin les fondations solides de son développement, soit il rate une nouvelle fois le rendez-vous avec lui-même.
Dans ses propos, Bah Oury n’a laissé aucune place à l’improvisation. L’enjeu, selon lui, n’est ni cosmétique ni conjoncturel. Il s’agit de bâtir, pierre après pierre, les bases d’un État capable de projeter la Guinée sur plusieurs décennies. Une ambition lourde, exigeante, qui appelle une rupture nette avec les pratiques d’approximation et de recyclage politique.
D’où son insistance sur un mot clé : les compétences. Pas n’importe lesquelles. Les meilleures. Celles capables de transformer les discours en politiques publiques, et les promesses en résultats mesurables. Rassembler les talents, briser les chapelles, dépasser les fidélités de circonstance : tel semble être le pari posé sur la table du pouvoir exécutif.
Ce discours s’inscrit dans la droite ligne du septennat voulu par le président Mamadi Doumbouya, placé sous le sceau de l’engagement et de l’efficacité. Un septennat qui se sait attendu, scruté, jugé non à l’aune des intentions, mais à celle des actes.
Le nouveau gouvernement, récemment installé, est désormais face à sa part de vérité. Le temps des annonces est révolu. Celui de l’exécution a commencé. Car ces trois années, présentées comme une rampe de lancement pour la Guinée, pourraient tout aussi bien devenir un miroir implacable des renoncements.
L’Histoire, elle, n’accorde jamais de rallonge.
Alpha Amadou Diallo






































