Quand un Premier ministre glisse son bulletin dans l’urne, le geste dépasse le simple rituel civique. À Lambanyi, ce dimanche, Bah Oury n’a pas seulement voté : il a voulu inscrire l’instant dans le récit national. Pour lui, la présidentielle du 28 décembre 2025 marque un « tournant historique », une borne posée sur le long chemin démocratique de la Guinée.
À la sortie de son bureau de vote, le chef du gouvernement a choisi le registre de la constance et de la résilience. Quatre années de turbulences, reconnaît-il, n’ont pas entamé la détermination de l’État à aller au bout du processus électoral. « Nous avons tenu le cap », affirme-t-il, comme on évoque une traversée en mer agitée qui aboutit enfin à un port espéré. Dans ses mots, l’élection n’est pas un simple rendez-vous institutionnel, mais un acte fondateur pour la République.
Bah Oury dresse aussi le tableau d’une campagne qu’il veut exemplaire. Apaisée, conviviale, respectueuse : les adjectifs choisis tranchent avec les souvenirs douloureux des échéances passées. La pluralité des candidatures, loin d’être une source de tension, est présentée comme une richesse, un signe de maturité politique retrouvée.
Autre point fort de son message : l’égalité d’accès au territoire. Aucun candidat, insiste-t-il, n’a été empêché d’aller à la rencontre des électeurs. Une affirmation lourde de sens dans un pays où la liberté de circulation politique a longtemps été un sujet sensible. « Une grande victoire pour le peuple guinéen », tranche-t-il, donnant à cette ouverture une portée presque symbolique.
À l’heure où les bureaux de vote ouvrent leurs portes à travers le pays, le Premier ministre appelle à la continuité : que le calme de la campagne se prolonge dans la journée électorale et au-delà. Son ultime message se veut à la fois institutionnel et spirituel. Remerciements aux citoyens, reconnaissance envers les acteurs nationaux et internationaux, et enfin une prière : que la sérénité accompagne le scrutin et que l’attente des résultats se fasse dans le respect des règles, telles que fixées par la Direction générale des élections.
À Lambanyi, le bulletin de Bah Oury est tombé dans l’urne. Reste désormais à savoir si ce « tournant historique » invoqué trouvera sa confirmation dans les faits et dans la mémoire collective des Guinéens.
Amadou Diallo






































