Au lendemain du scrutin présidentiel du 28 décembre, une même tonalité traverse les déclarations de plusieurs candidats : la Guinée doit rester debout, calme et unie. Au-delà des rivalités électorales, Abdoulaye Kourouma, Mohamed Nabé et Makalé Camara ont choisi de placer la paix et la quiétude sociale au cœur de l’après-vote, comme un impératif national.
Abdoulaye Kourouma, président du Rassemblement pour la renaissance et le développement (RRD), rappelle une évidence souvent oubliée dans la fièvre électorale : « Il y a neuf Guinéens qui compétissent. Mais, au final, c’est un seul Guinéen qui sera élu ». Pour lui, l’élection ne doit pas être une ligne de fracture, mais un point de départ. Quel que soit le vainqueur, insiste-t-il, le pays doit poursuivre son chemin « dans la stabilité, la quiétude sociale et le développement » auxquels aspire l’ensemble de la population.
Même lecture chez Mohamed Nabé, candidat de l’Alliance pour le renouveau et le progrès (ARP), qui voit dans ce scrutin bien plus qu’une simple compétition politique. « C’est un grand jour pour la Guinée », affirme-t-il, évoquant le retour à l’ordre constitutionnel et la fin de la transition. Tout en reconnaissant « de petites anomalies », il se garde d’en faire un procès au scrutin, estimant qu’elles ne sauraient en entacher la crédibilité globale. Dans un contexte sensible, il lance un appel appuyé « au calme et à la sérénité », à l’endroit aussi bien des candidats que des citoyens.
La voix de Makalé Camara, candidate du Front pour l’alliance nationale (FAN) et seule femme en lice, résonne avec une charge symbolique particulière. En se remémorant la présidentielle de 2020, au cours de laquelle elle n’avait pas pu voter, elle mesure le chemin parcouru. « Cette fois-ci, je vote dans la paix et la dignité », confie-t-elle, avant de marteler l’essentiel : « Dans ce pays, la paix doit toujours passer avant toute autre considération ».
À travers ces prises de position, une leçon se dégage : la maturité démocratique ne se mesure pas uniquement au déroulement du vote, mais à la capacité collective d’accepter ses résultats. Dans une Guinée longtemps éprouvée par les crises politiques, l’appel des candidats à la retenue et à la responsabilité sonne comme un rappel : l’élection passe, la nation demeure.
Abdoul Chaolis Diallo




































