Il aura fallu une séance plénière extraordinaire pour rappeler une évidence trop souvent malmenée : les ondes ne sont pas une zone de non-droit. Ce mardi 13 janvier 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a frappé fort en suspendant deux radios privées, Koko FM et Touba FM, accusées d’exploiter illégalement des fréquences dans la CRD de Touba, préfecture de Gaoual, en Haute Guinée.
Officiellement, la décision est fondée sur une litanie de manquements jugés graves : absence d’agrément, usage de fréquences non attribuées, exercice illégal et, plus inquiétant encore, « menace à l’ordre public ». Autant de griefs qui, aux yeux du régulateur, justifient une mesure radicale : l’interdiction pure et simple d’émettre sur les bandes 100.0 FM et 96.5 FM.
La HAC s’appuie notamment sur un rapport de son point focal dans la région administrative de Boké, document présenté comme accablant et révélateur de dysfonctionnements majeurs. Dans un paysage médiatique déjà fragile, cette affaire met en lumière une réalité persistante : la prolifération de radios opérant en marge des règles, souvent tolérées jusqu’au jour où le couperet tombe.
Mais au-delà du cas de Koko FM et Touba FM, c’est un message politique et institutionnel que la HAC entend adresser. En instruisant le gouverneur de Boké et le préfet de Gaoual de veiller à l’exécution immédiate de la décision, l’organe de régulation affirme sa volonté de reprendre la main, coûte que coûte.
Reste une question centrale, que l’édito ne peut éluder : assainir le paysage médiatique est une nécessité, mais à quelles conditions ? La rigueur réglementaire ne saurait se transformer en instrument de musellement, surtout dans des zones où la radio demeure parfois l’unique espace d’expression et d’information. Entre exigence de légalité et protection du pluralisme, la HAC avance sur une ligne de crête. À Gaoual, elle a choisi la fermeté. Aux autres radios du pays de méditer l’avertissement.
Marliatou Sall






































