Un journaliste arrêté pour avoir fait son travail. Voilà le triste tableau que nous offre, encore une fois, la Guinée de 2025. Dimanche soir, alors qu’il couvrait les recherches après le drame de Manéah, notre confrère Mamoudou Boullèrè Diallo, reporter au groupe Hadafo Médias et administrateur du site leguideinfo.net, a été interpellé par une équipe mêlant militaires et gendarmes. Son tort ? Informer, témoigner, documenter.
Le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) a dénoncé un acte liberticide, rappelant que Mamoudou Boullèrè, connu pour son engagement sur le terrain, a été arrêté en plein exercice de sa fonction. Ses outils de travail-caméras, téléphones – lui ont été confisqués avant d’être conduit manu militari à la Compagnie mobile numéro 23 de Coyah. Depuis, il est maintenu en détention et auditionné par la brigade de recherche.
Faut-il rappeler que la liberté de la presse n’est pas une faveur octroyée par les pouvoirs publics, mais un droit constitutionnel et un pilier de toute démocratie ? Interpeller un journaliste pour avoir couvert une catastrophe nationale, c’est non seulement s’attaquer à un individu, mais aussi museler le droit du peuple à l’information.
Ce geste en dit long sur la peur viscérale qu’inspire la vérité aux détenteurs de la force. Et il pose une question simple : à quel moment avons-nous basculé dans une République où l’information devient un crime ?
Le SPPG exige, à juste titre, la libération immédiate de Mamoudou Boullèrè Diallo. Et au-delà de son cas, c’est toute la corporation journalistique qui devrait se lever, car derrière cette arrestation se cache un précédent dangereux. Aujourd’hui c’est Boullèrè, demain ce pourrait être n’importe lequel d’entre nous.
Le journalisme n’est pas un délit. L’arrêter, c’est condamner la liberté.
La Redaction






































