À quelques jours de l’élection présidentielle, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a ordonné la suspension immédiate de la chaîne panafricaine Africa24 sur le territoire guinéen. En cause : la diffusion de reportages électoraux réalisés en Guinée sans accréditation préalable, en violation des textes en vigueur.
La Haute Autorité de la Communication (HAC) a frappé fort. Réunie en séance plénière extraordinaire ce dimanche 21 décembre 2025 par visioconférence, l’institution de régulation des médias a décidé de suspendre la diffusion de la chaîne de télévision Africa24 en République de Guinée pour exercice illégal de la profession.
Dans sa décision n°025/HAC/P/25, la HAC reproche à la chaîne panafricaine d’avoir couvert la campagne pour l’élection du Président de la République à travers des reportages réalisés sur le territoire national, sans avoir obtenu l’accréditation requise. Une situation d’autant plus sensible que la demande d’accréditation d’Africa24 est toujours « en cours d’examen », mais retardée en raison de l’absence de pièces exigées par la loi.
Selon les rapports du service de monitoring de la HAC, Africa24 a diffusé des contenus liés à la campagne électorale en dehors de tout cadre légal, en violation des décisions encadrant la couverture médiatique du scrutin présidentiel par les médias publics et privés.
Conséquence immédiate : la chaîne est suspendue sur l’ensemble du territoire guinéen. La décision prévoit également « l’occultation » d’Africa24 du bouquet Canal+ en Guinée. La mesure s’appuie notamment sur les dispositions des articles 1er et 18 de la loi organique portant organisation et fonctionnement de la HAC, ainsi que sur l’article 72 du Code électoral.
La décision, qui prend effet dès sa signature, sera enregistrée et publiée au Journal officiel de la République de Guinée.
Signée par le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, cette décision a été adoptée avec la participation de l’ensemble des conseillers ayant siégé lors de la session extraordinaire, parmi lesquels Fodé Bouya Fofana, Mariama Camara, Amadou Touré, Hadja Sarata Keita et Ahmed Camille Camara.
À l’approche d’un scrutin jugé crucial, la HAC réaffirme ainsi sa volonté de faire respecter strictement le cadre légal de la couverture médiatique électorale, au nom de l’équité, de la transparence et de la souveraineté informationnelle du pays.
La rédaction






































