Il fallait des nerfs solides pour suivre ce groupe F jusqu’à son dénouement. Longtemps bousculée, souvent menée, parfois dominée, la Côte d’Ivoire a choisi le scénario le plus cruel pour ses adversaires et le plus exaltant pour son public : renverser le Gabon au bout du temps, 3-2, et s’emparer in extremis de la première place du groupe, reléguant au passage le Cameroun derrière elle.
Déjà qualifiés et largement remaniés, les Éléphants auraient pu gérer, calculer, temporiser. Ils ont préféré lutter, subir, puis frapper. Menée au score, la sélection ivoirienne a refusé de plier dans un match longtemps incertain, à l’image d’un groupe F resté indécis jusqu’à la dernière seconde.
Et puis, dans ce temps additionnel où se décident souvent les destins africains, la CAN a livré l’une de ses scènes les plus folles. À la première minute du temps additionnel, Bazoumana Touré, 19 ans à peine, surgit de la tête et inscrit le troisième but libérateur. Une réalisation qui fait basculer le classement, fait exploser le banc ivoirien et rappelle que, dans cette compétition, la jeunesse peut écrire l’histoire sans prévenir.
Ce but n’est pas qu’une victoire arrachée : il est un symbole. Celui d’une équipe qui refuse la résignation, d’un football ivoirien qui assume ses paris et d’un tournoi où rien ne se gagne avant le coup de sifflet final. En un instant, le Gabon passe de l’exploit au désenchantement, pendant que la Côte d’Ivoire s’offre le luxe d’un succès héroïque.
Grâce à ce renversement spectaculaire, les Éléphants s’ouvrent la voie d’un huitième de finale face au Burkina Faso. Un adversaire solide, sans doute. Mais après une telle démonstration de caractère, la Côte d’Ivoire a envoyé un message clair à toute l’Afrique : tant qu’il reste du temps, elle restera debout.
Louda Dia





































