L’euphorie est retombée, place aux comptes à rendre. Quelques jours après la clôture de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, la justice marocaine et la Confédération africaine de football (CAF) ont engagé une série de procédures disciplinaires et judiciaires à la suite des incidents ayant émaillé plusieurs rencontres, notamment le quart de finale Algérie–Nigeria et la finale Maroc–Sénégal.
La dernière ligne droite du tournoi, marquée par des débordements d’une ampleur peu commune, a ravivé les inquiétudes autour de la sécurité dans les stades africains. Au-delà du bilan sportif, les autorités s’emploient désormais à prévenir l’enracinement d’une violence qui menace l’image et l’avenir du football continental.
Des supporters devant la justice marocaine
À Rabat, 19 supporters ont été présentés au parquet : 18 Sénégalais et un Algérien, interpellés à la suite des incidents survenus lors de la finale du 18 janvier au stade Prince Moulay Abdellah. Ils devraient être poursuivis devant le tribunal de première instance pour des faits de vandalisme et de violences contre les forces de l’ordre.
Selon les organisateurs, les troubles ont largement dépassé les sifflets et invectives habituels. Des chaises, ventilateurs et autres projectiles ont été lancés depuis les tribunes, tandis qu’un envahissement de terrain a été constaté. Un agent de sécurité a été grièvement blessé à la mâchoire, soulignant la gravité des faits.
La CAF sort le carton rouge
En parallèle, la CAF s’est penchée sur les incidents intervenus plus tôt dans la compétition, à l’issue du quart de finale entre l’Algérie et le Nigeria. Le jury disciplinaire a élargi son champ d’action aux joueurs impliqués et à la Fédération algérienne de football.
Le gardien Luca Zidane a écopé de deux matchs de suspension pour sa participation à des échauffourées avec des joueurs nigérians. Le défenseur Rafik Belghali, sanctionné pour harcèlement du corps arbitral, est suspendu pour quatre rencontres, dont deux avec sursis, des peines applicables lors des éliminatoires de la CAN 2027.
La Fédération algérienne, qui a annoncé son intention de faire appel, se voit infliger six amendes pour un montant total de 95 000 dollars. À cela s’ajoutent 30 000 dollars de pénalités visant plusieurs acteurs jugés responsables de la bagarre générale survenue au coup de sifflet final. Les supporters algériens devront, quant à eux, s’acquitter de 65 000 dollars d’amendes cumulées.
L’autre bataille : celle contre les infox
Au-delà des violences physiques, les instances sportives et les autorités doivent également faire face à une vague de désinformation. Des rumeurs, parfois relayées par une presse hostile, ont évoqué des accusations de tricherie, de corruption ou de chantage autour de la compétition.
Sur les réseaux sociaux, une fake news particulièrement virale a même fait état du prétendu décès d’un supporter sénégalais en marge de la finale. Une information rapidement démentie par la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) du Maroc, contrainte de publier un communiqué officiel pour rétablir les faits.
Entre sanctions disciplinaires, poursuites judiciaires et lutte contre la désinformation, l’après-CAN 2025 s’annonce comme un test grandeur nature pour la crédibilité et l’autorité des institutions du football africain.
Avec Jeune Afrique






































