Conakry étouffe. Chaque jour, embouteillages, trajets interminables et transports vétustes rappellent l’urgence d’une solution durable à la crise de la mobilité urbaine. C’est dans ce contexte que la Guinée et le Royaume-Uni affichent leur volonté d’explorer des partenariats autour d’un projet aussi ambitieux que symbolique : le tramway de Conakry.
Ce vendredi 16 janvier 2026, le ministre des Transports et porte-parole du Gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a reçu l’ambassadeur britannique en Guinée, Daniel Shepherd, accompagné de Steven Gray, OBE, représentant de UK Export Finance. Officiellement, il s’agissait de renforcer la coopération bilatérale dans le secteur stratégique des transports. En réalité, cette rencontre remet sur la table une question ancienne : la capacité de l’État guinéen à transformer les annonces structurantes en réalisations concrètes.
Le projet de tramway, envisagé à l’horizon 2026, est présenté comme un remède aux maux chroniques de la capitale : congestion routière, pollution, perte de productivité et pénibilité des déplacements. Moderne, fiable et durable, le tramway incarne une vision de ville plus organisée et plus humaine. Mais comme souvent en Guinée, l’ambition se heurte à l’épreuve de la faisabilité, du financement et de la gouvernance.
Au-delà du rail urbain, les discussions ont également porté sur le transport maritime, le transport urbain et interurbain, ainsi que sur la modernisation des infrastructures aéroportuaires. Autant de secteurs vitaux pour la croissance économique, la connectivité nationale et l’intégration régionale. Autant de chantiers aussi, qui exigent rigueur, transparence et continuité de l’action publique.
À l’issue de l’audience, les deux parties ont salué une convergence de vues et réaffirmé leur engagement à renforcer le partenariat technique et financier. Reste désormais à savoir si cette convergence se traduira par des décisions courageuses et des mécanismes clairs, capables d’éviter que le tramway de Conakry ne rejoigne la longue liste des projets annoncés, puis rangés dans les tiroirs.
Car au fond, la question n’est pas seulement de construire un tramway, mais de restaurer la confiance. Celle des citoyens, lassés des promesses sans lendemain. Celle des partenaires, attentifs à la crédibilité des engagements. À Conakry, la modernité ne se décrète pas : elle se prouve, rail après rail.
Algassimou L Diallo






































