Le 39e sommet de l’Union africaine s’est ouvert ce 14 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, dans un climat international chargé d’incertitudes. Guerres d’influence, rivalités stratégiques, affaiblissement des institutions multilatérales : le monde change, et il change vite. La question est désormais simple : l’Afrique subira-t-elle cette recomposition ou saura-t-elle s’y imposer ?
Dans son discours inaugural, le président sortant de l’organisation continentale, João Lourenço, a choisi la lucidité plutôt que la complaisance. Le chef de l’État angolais a dressé un tableau sans fard d’un environnement international « marqué par un affaiblissement préoccupant des institutions de gouvernance mondiale ». Un constat grave, qui sonne comme un avertissement.
Le multilatéralisme en crise, l’Afrique en première ligne
Pour João Lourenço, le recul du multilatéralisme compromet les avancées patiemment construites depuis des décennies. Climat, santé, sécurité alimentaire, droits humains, paix : autant de dossiers stratégiques où l’Afrique reste vulnérable si elle avance en ordre dispersé.
Son appel est clair : face à une ère de reconfiguration géopolitique mondiale, le continent doit défendre « des positions fortes et communes ». Autrement dit, parler d’une seule voix ou risquer l’effacement.
Dans un monde où les grandes puissances redéfinissent leurs alliances et leurs priorités, l’Afrique ne peut plus se contenter d’être un terrain d’influence. Elle doit devenir un pôle d’équilibre.
Construire une Afrique stable et intégrée
Le président angolais a insisté sur un impératif : renforcer les mécanismes africains de prévention et de règlement des conflits. L’ambition est de bâtir une Afrique stable, intégrée, capable de résoudre ses crises par ses propres instruments politiques et sécuritaires.
Car la fragilité mondiale se répercute d’abord sur les économies les plus exposées. Inflation importée, insécurité alimentaire, dépendance énergétique : chaque secousse internationale trouve un écho amplifié sur le continent.
Gouvernance et jeunesse : l’enjeu de crédibilité
Au-delà de la diplomatie, João Lourenço a mis le doigt sur un autre défi : la gouvernance interne. Il a plaidé pour des institutions « responsables, inclusives et tournées vers l’avenir », capables de restaurer la confiance de la jeunesse africaine.
Le message est politique : l’unité continentale ne peut être crédible si les États membres ne renforcent pas d’abord leur propre légitimité et leur efficacité.
Des engagements mesurables ou des promesses de plus ?
Ce 39e sommet ne devra pas être une simple tribune de discours. Le président sortant a exprimé le souhait qu’il débouche sur des engagements « clairs et mesurables », susceptibles d’améliorer concrètement la vie des populations.
C’est là que se joue la crédibilité de l’Union africaine. Entre déclarations solennelles et mise en œuvre effective, l’écart a souvent été grand. Trop grand.
Addis-Abeba accueille donc un sommet charnière. Dans un monde fragmenté, l’Afrique a les ressources, la jeunesse et le potentiel pour peser. Mais elle n’a plus le luxe de l’hésitation.
L’histoire s’accélère. À l’Union africaine de prouver qu’elle peut, elle aussi, changer de rythme.
A Amadou Diallo






































