À la tribune internationale, les mots sont souvent forts. Mais c’est sur le terrain que se mesure la portée des engagements. En participant à la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme (CSW70) à New York, la ministre guinéenne de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Patricia Lamah, a réaffirmé la volonté des autorités de faire de l’accès des femmes à la justice une priorité nationale.
Dans un contexte où les inégalités persistent et où les violences basées sur le genre continuent de poser un défi majeur, la ministre a insisté sur la nécessité de bâtir une justice réellement accessible à toutes les femmes. Selon elle, une société juste ne peut exister sans une justice inclusive, capable de protéger les plus vulnérables et de garantir l’égalité des droits.
S’inscrivant dans la dynamique de refondation prônée par le président Mamadi Doumbouya, Patricia Lamah a rappelé que les questions de justice, d’égalité et de dignité humaine occupent désormais une place centrale dans l’action publique, avec une attention particulière accordée à la promotion des droits des femmes.
Intervenant lors de la première table ronde du segment ministériel consacrée au thème de l’accès des femmes et des filles à la justice, la ministre a indiqué que cette rencontre a permis aux États membres d’échanger sur les réformes indispensables pour lever les obstacles qui freinent encore l’égalité devant la loi.
Un argument de poids avancé par la ministre : les femmes représentent 51,8 % de la population guinéenne. Un chiffre qui, selon elle, impose à l’État une responsabilité claire : garantir leur accès effectif à la justice et encourager leur pleine participation à la vie sociale, économique et politique.
Parmi les efforts mis en avant, Patricia Lamah a évoqué la modernisation progressive du cadre juridique, le renforcement des institutions de protection des droits humains, ainsi que la création de guichets uniques destinés à la prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre. Ces structures offrent un accompagnement juridique, médical et psychosocial, une approche intégrée présentée comme un levier essentiel dans la lutte contre l’impunité.
Au-delà des principes, la ministre a tenu à rappeler une réalité souvent ignorée : garantir l’accès des femmes à la justice ne relève pas seulement d’une question d’égalité, mais constitue aussi un pilier fondamental pour consolider l’État de droit et favoriser un développement durable.
Reste désormais une question essentielle : ces engagements se traduiront-ils par des changements perceptibles dans le quotidien des femmes guinéennes ?
Car si les déclarations d’intention rassurent, ce sont les réformes concrètes, les moyens alloués et l’effectivité des mécanismes de protection qui permettront de juger de la véritable avancée de la Guinée vers une justice équitable pour toutes.
À New York, la Guinée a réaffirmé sa volonté. Le véritable défi commence maintenant : transformer les promesses en réalités.
Amadou Diallo




































