Encore une fois, les pluies ont eu raison de nos routes. Le tronçon Mamou-Dalaba, vital pour le désenclavement du Fouta et au-delà pour l’unité économique du pays, s’est effondré au début août, transformant chaque voyage en parcours du combattant. Des familles bloquées, des marchandises en souffrance, des usagers désespérés : voilà le quotidien des Guinéens qui empruntent cet axe stratégique.
Face à ce désastre, le Premier ministre Bah Oury tente de rassurer. Oui, des promesses sont faites : après la saison des pluies, des travaux, et à l’horizon 2026, un « tournant décisif » pour les routes, l’énergie et le bien-être. En attendant, patience et résilience, encore et toujours. Mais peut-on réellement se nourrir de patience lorsque l’économie saigne et que les populations vivent au rythme des bourbiers et des coupures de routes ?
Certes, Bah Oury pointe l’héritage lourd laissé par l’ancien régime. C’est vrai, la Guinée traîne des décennies de négligence. Mais la responsabilité d’aujourd’hui incombe à ceux qui gouvernent. À force de promettre un avenir radieux, on finit par banaliser le présent douloureux.
Il est urgent de passer des discours aux actes. La route Mamou-Labé n’est pas seulement un chantier technique : elle est le symbole d’une gouvernance qui doit prouver sa capacité à répondre aux besoins immédiats du peuple. 2026, c’est demain. Mais pour les voyageurs coincés dans la boue, c’est aujourd’hui que l’État doit agir.
Saliou Keita






































