Le refus de l’administration Trump d’accorder des visas à la délégation palestinienne pour l’Assemblée générale des Nations unies n’est pas un simple incident diplomatique. C’est une entorse flagrante au droit international et un affront direct aux engagements des États-Unis envers l’ONU.
L’accord de siège conclu en 1947 oblige Washington à garantir l’accès à tous les représentants invités par l’organisation, qu’ils soient issus d’États, d’ONG ou de médias. En empêchant les Palestiniens de fouler le sol new-yorkais, l’Amérique viole un traité dont elle est signataire et dont la légitimité est incontestable.
Ce n’est pas la première fois. En 1988 déjà, Reagan avait refusé l’entrée à Yasser Arafat, poussant l’ONU à délocaliser sa session à Genève. L’histoire se répète, mais avec une différence de taille : aujourd’hui, la Palestine est reconnue comme État observateur par l’Assemblée générale. L’obligation de lui ouvrir la porte est donc encore plus contraignante.
Le prétexte invoqué par Washington — le prétendu non-respect par l’Autorité palestinienne de ses engagements — relève davantage de la politique partisane que du droit. Car si l’on devait juger les États à l’aune de leurs manquements, combien auraient encore le privilège de siéger à l’ONU ?
En réalité, la décision de Trump s’inscrit dans une ligne claire : marginaliser la Palestine, renforcer Israël et réduire à néant toute perspective de négociation équilibrée. Mais ce choix place les États-Unis en contradiction avec les principes mêmes de l’organisation qu’ils accueillent.
Refuser des visas à des représentants dûment invités, c’est transformer New York en filtre idéologique, au mépris de l’universalité de l’ONU. C’est faire primer l’arbitraire d’un État hôte sur la souveraineté collective des nations.
L’épisode révèle une vérité dérangeante : quand la Maison-Blanche se croit au-dessus du droit international, c’est l’ONU elle-même qui vacille.
Louda Dia






































