Labé – La ville et ses environs se réveillent ce mercredi avec une plaie béante dans leurs artères routières. La Route Nationale n°5, axe vital reliant Labé au reste du pays, est brusquement interrompue à Leydeppol, après l’effondrement d’un pont emporté par les pluies diluviennes du mardi 2 septembre.
Sur les lieux, le décor est celui d’un chantier désolé : un tablier effondré, des blocs de béton fracassés, et une circulation complètement à l’arrêt. Des véhicules contraints de rebrousser chemin, des passagers bloqués dans l’attente d’une issue, des commerçants désespérés de voir leurs cargaisons immobilisées. Le pont, jusque-là discret mais essentiel, incarnait la fluidité des échanges commerciaux et sociaux de toute la Moyenne-Guinée. Sa disparition soudaine est un coup dur pour les habitants.
Le ministère des Infrastructures et des Travaux publics, alerté dès les premières heures, tente de rassurer. « Des équipes techniques sont déjà à pied d’œuvre pour mettre en place une déviation provisoire et rétablir la circulation dans les plus brefs délais », indique un communiqué officiel. L’Agence des routes (AGEROUTE), elle, en appelle au civisme et à la patience des usagers, le temps que les travaux d’urgence soient finalisés.
Mais au-delà de l’urgence immédiate, l’incident soulève une fois encore la question de la vétusté des infrastructures routières guinéennes. Les fortes pluies, devenues récurrentes et de plus en plus violentes, mettent à nu la fragilité des ouvrages. Chaque saison des pluies apporte son lot d’effondrements, de routes coupées et de ponts emportés. À Labé comme ailleurs, les populations se sentent prises en otage par des infrastructures qui cèdent face aux intempéries.
En attendant une solution définitive, c’est toute une région qui s’organise tant bien que mal. Certains parlent déjà de pistes alternatives, d’autres craignent une flambée des prix des denrées à cause des difficultés d’approvisionnement. Sur les marchés de Labé, l’inquiétude est palpable : si la coupure perdure, l’économie locale risque d’en payer le prix.
L’effondrement du pont de Leydeppol n’est donc pas un simple accident de génie civil. C’est un signal d’alarme qui rappelle l’urgence d’investir durablement dans des infrastructures capables de résister aux chocs climatiques. Car chaque rupture de route n’est pas seulement un retard de voyage : c’est un pan entier de la vie économique et sociale qui se retrouve suspendu.
Abdoul Chaolis Diallo






































