À quelques jours du référendum du 21 septembre, la Guinée s’avance vers les urnes avec, dans l’air, une confiance fragile. Plus de 6,7 millions d’électeurs sont annoncés inscrits, un chiffre qui traduit, sur le papier, un effort d’organisation sans précédent. Mais comme souvent dans notre histoire électorale, ce n’est pas tant la quantité que la qualité qui alimente les conversations de Conakry à Kankan.
Car derrière les statistiques rassurantes, persiste une inquiétude profonde : celle d’un fichier électoral longtemps perçu comme l’arme favorite des tricheries et des contestations. Les sceptiques n’ont pas disparu, et leurs voix résonnent encore dans le débat public.
Face à cette défiance, le Gouvernement se veut catégorique. Le ministre de l’Administration du Territoire tranche net : « On a fini avec la confusion dans notre pays. Retenez ça : on a fini avec la falsification du fichier électoral. » Une déclaration martiale, presque solennelle, comme pour exorciser les démons des scrutins passés.
Reste que les Guinéens, eux, ne se contentent plus de promesses. Les cartes d’électeurs, distribuées depuis le 6 septembre, circulent de main en main, avec leur lot de vérifications et de suspicions. Au fond, chacun sait que la véritable épreuve de vérité ne réside pas dans les discours, mais dans la manière dont les urnes parleront le 21 septembre et, plus tard, lors de la présidentielle.
Car en Guinée, la démocratie s’est trop souvent jouée à guichets fermés : entre ceux qui jurent avoir nettoyé le fichier et ceux qui dénoncent encore ses zones d’ombre. Cette fois, le pari du Gouvernement est clair : convaincre que, pour une fois, le compte des électeurs correspondra à celui des votants.
La question, lancinante, reste suspendue : la confiance peut-elle s’imprimer sur une carte d’électeur ?
A Amadou Diallo






































