En déposant un recours auprès de la Cour suprême pour demander l’annulation du référendum du 21 septembre, Dr Faya Millimouno ne fait pas qu’un geste juridique. Il pose un acte politique fort, qui met en lumière l’un des nœuds de la crise démocratique guinéenne : l’écart abyssal entre la loi et la pratique, entre les principes et la réalité.
Le président du Bloc Libéral dénonce un « simulacre démocratique » où, selon lui, tout a été orchestré pour donner au « Oui » une victoire écrasante. Son argumentaire est clair : manquements flagrants, irrégularités documentées, instrumentalisation de l’ONASUR dont la direction aurait été confiée à un militant pro-référendum à la veille même du scrutin. Autant d’éléments qui, dans une démocratie solide, suffiraient à ouvrir un débat national sérieux sur la crédibilité du processus.
Au-delà de la bataille judiciaire, c’est la question de la confiance dans les institutions qui est posée. Car ce recours ne vise pas seulement à contester des résultats, il cherche à rappeler que la loi n’est pas un ornement mais une exigence. Quand Faya Millimouno affirme que « la Guinée est trop importante pour qu’on accepte que ce genre de choses devienne une loi », il met le doigt sur l’essentiel : une République se délite lorsqu’elle accepte que la tricherie devienne la norme.
Mais la véritable épreuve ne fait que commencer. La Cour suprême, appelée à trancher, sera scrutée comme jamais. Sa décision dira si elle peut encore incarner l’arbitre impartial qu’exige la Constitution, ou si elle s’inscrira, une fois de plus, dans la logique du fait accompli. L’opinion, quant à elle, attend une réponse à une question cruciale : dans un pays où les urnes sont contestées, la justice peut-elle encore être le dernier recours du peuple ?
Le combat de Faya Millimouno n’est pas seulement celui d’un parti. Il est celui de tous ceux qui croient qu’en Guinée, le droit doit primer sur la ruse et la République sur la mascarade.
Sibé Fofana






































