Seize ans après le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, les plaies restent ouvertes. Lors d’une conférence conjointe tenue ce dimanche, l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme (OGDH), la FIDH et l’AVIPA ont dénoncé les blocages judiciaires, fustigé la grâce présidentielle accordée à Moussa Dadis Camara et réclamé la poursuite du procès devant la Cour d’appel.
À l’occasion de la commémoration du 16ᵉ anniversaire du massacre du 28 septembre, l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme et du citoyen (OGDH), aux côtés de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et de l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA), a sonné l’alerte sur l’avenir du dossier judiciaire.
Le président de l’OGDH, Me Alpha Amadou DS Bah, a dénoncé les blocages persistants qui freinent la suite du procès, notamment dans le traitement des indemnisations. « Certaines victimes ont été prises en compte et indemnisées, alors que d’autres restent totalement oubliées. Une frange importante n’a même pas été intégrée dans les différentes procédures », a-t-il regretté.
L’avocat s’est également insurgé contre la grâce présidentielle accordée à l’ancien chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, condamné lors du jugement du 31 juillet 2024. Selon lui, ce décret viole la loi : « Une grâce n’intervient que lorsqu’une procédure est définitive. Or, dans ce dossier, toutes les parties — à l’exception d’un seul condamné — ont relevé appel. La procédure est encore pendante devant la Cour d’appel de Conakry. »
Pour Me Bah, cette mesure présidentielle envoie « un signal préoccupant » et consacre l’impunité, alors que la justice guinéenne a l’opportunité historique de solder l’une des pages les plus sombres de son histoire. « Si ce décret n’est pas annulé, il viole non seulement le code de procédure pénale, mais également tous les standards internationaux en matière de crimes contre l’humanité », a-t-il insisté.
Maliatou Sall






































