En politique, il y a des chiffres qui parlent plus fort que les discours. Le référendum constitutionnel du 21 septembre en Guinée a donné à voir une réalité que peu avaient anticipée : une mobilisation massive des électeurs, malgré les appels au boycott d’une large partie de la classe politique.
C’est ce contraste qu’a choisi de mettre en avant Alhousseiny Makanera, ancien ministre de la Communication et président du Front national pour le développement (FND). Avec un ton à la fois critique et pragmatique, il a rappelé que « ceux qui prétendaient représenter 90 % de la population » n’ont pas réussi à empêcher une marée humaine de se rendre aux urnes. Pour lui, ce fait politique change la donne : « Personne n’a contesté la mobilisation massive des Guinéens. »
Dans le sillage de ce constat, Makanera pousse plus loin son analyse : ce référendum n’est pas seulement un plébiscite pour la Constitution, il est aussi – de facto – un aval implicite à une candidature du général Mamadi Doumbouya. Il en fait même une sorte de promesse de stabilité : « Nous lançons une pétition et nous sommes convaincus que les 5 millions qui ont voté Oui vont la signer. » Manière de dire qu’au-delà du texte, c’est l’homme qui incarne désormais l’avenir.
Mais la chronique politique guinéenne ne se limite pas à un nom. En filigrane, Makanera interpelle les partis suspendus : le temps des blocages est révolu. La nouvelle Loi fondamentale autorise désormais les candidatures indépendantes. Autrement dit, nul ne peut se réfugier derrière l’excuse de l’interdiction. « Ce sont les partis qui ont des problèmes, pas les militants ni les potentiels candidats », souligne-t-il.
La sortie de l’ancien ministre ressemble à une piqûre de rappel : la politique est un jeu de rapport de forces, mais aussi d’adaptation. Le référendum a redessiné les lignes, et chacun devra choisir entre l’ombre du boycott et la lumière incertaine des urnes. Dans ce décor mouvant, Mamadi Doumbouya apparaît déjà comme la figure centrale – voire inévitable – de la prochaine présidentielle.
Algassimou L Diallo






































