Conakry, 30 octobre 2025. Dans une salle comble où se mêlaient techniciens, diplomates et responsables institutionnels, le ministre porte-parole de la Présidence, le général Amara Camara, a donné le ton : « Reprendre le contrôle de notre souveraineté économique ».
C’est dans cette ambiance empreinte de détermination qu’a été lancé le Programme de renforcement des capacités des acteurs impliqués dans les zones économiques spéciales (ZES), fruit d’un mémorandum d’entente entre la Guinée et le Rwanda. Ce partenariat illustre une nouvelle étape dans la coopération sud-sud prônée par les deux pays.
Devant l’assistance, l’ambassadeur du Rwanda en Guinée, Michel Minega Sebera, a salué la portée stratégique de cette collaboration :
« Il y a tout juste un an, la Guinée et le Rwanda ont formalisé ce mémorandum d’entente dans un domaine crucial : celui des zones économiques spéciales. Cet accord n’est pas un simple document administratif. Il incarne la vitalité de la coopération sud-sud et notre conviction que les solutions aux défis africains se trouvent en Afrique. »
Le diplomate rwandais a également souligné le rôle moteur de la Guinée dans cette dynamique continentale, citant notamment le programme Simandou 2040, symbole de la quête d’autonomie économique du pays.
« La détermination de la Guinée à travers des projets majeurs comme Simandou 2040 envoie un signal fort à la communauté des investisseurs mondiaux », a-t-il affirmé.
Prenant à son tour la parole, le général Amara Camara a replacé cette initiative dans le cadre plus large de la vision nationale de refondation économique.
« Ce programme n’est pas un événement isolé. Il s’inscrit au cœur de la stratégie visant à reprendre le contrôle de notre souveraineté économique. Nous sommes résolus à bâtir une Guinée où la richesse du sol et du sous-sol se traduira par la prospérité pour tous », a-t-il déclaré.
Le ministre a insisté sur le lien étroit entre cette démarche et les projets structurants du plan Simandou 2040, qui ambitionnent de donner au pays les moyens de financer son propre développement.
« Un accent particulier sera mis sur le capital humain, l’expertise locale et l’excellence technique », a-t-il précisé, mettant en avant la volonté de former une génération d’experts capables de piloter les grands chantiers économiques du pays.
Abordant la question du choix du Rwanda comme partenaire, le général Camara a rappelé les récentes missions effectuées à Kigali.
« Le choix des partenaires rwandais n’est pas anodin. Leur expertise dans le domaine des zones économiques spéciales est reconnue, et elle colle parfaitement au modèle que nous voulons implémenter ici », a-t-il expliqué.
Pour Conakry, les ZES représentent désormais des espaces de convergence entre capitaux étrangers et savoir-faire local, libérés des lourdeurs administratives traditionnelles. Un modèle que la Guinée veut adapter à ses réalités pour faire de la coopération africaine un levier de puissance et de développement partagé.
Saliou keita






































