Édito :
En confiant les rênes de sa campagne présidentielle à son Premier ministre, Amadou Oury Bah, le général Mamadi Doumbouya franchit une étape décisive — et hautement symbolique — dans sa marche vers le scrutin du 28 décembre. Ce choix, tout sauf anodin, confirme une stratégie assumée : faire de la continuité gouvernementale le moteur de sa conquête du pouvoir par les urnes.
Bah Oury, chef du gouvernement et désormais directeur de campagne, devient ainsi le pivot d’un dispositif taillé sur mesure pour la victoire. À ses côtés, deux ministres complètent le trio stratégique : Faya François Bourouno, en charge de la stratégie politique et des opérations, et Mariama Ciré Sylla, responsable de l’administration de la campagne. Un attelage ministériel qui a tout d’un cabinet de guerre électorale.
Derrière cette architecture se lit une double logique : verrouiller l’appareil d’État autour de la candidature du chef et donner des gages de discipline à un électorat encore hésitant. L’argument de la compétence est mis en avant — celui de la neutralité, beaucoup moins.
En mobilisant ses ministres, Doumbouya brouille un peu plus la frontière entre la transition qu’il dirige et la compétition électorale qu’il entend gagner. Ce mélange des genres pose question : peut-on être à la fois arbitre et joueur ? En tout cas, le signal est clair — la transition se transforme en tremplin politique.
La présidentielle de décembre n’a pas encore commencé, mais le général a déjà choisi ses généraux. Et c’est bien l’État, dans toute sa puissance, qui semble entrer en campagne.
Algassimou L Diallo






































