Sur le plateau éclairé de l’émission Heure du Bilan à la RTG, Jean Paul Cedy n’a pas esquivé le débat. Face aux caméras, le ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation a longuement défendu sa vision du statut particulier des enseignants, devenu l’un des points chauds d’une crise éducative qui a paralysé les écoles plusieurs jours avant la suspension de la grève mercredi 10 décembre.
Dès les premières minutes, le ministre corrige ce qu’il qualifie de « contre-sens » dans la polémique. « Ce statut n’est pas une revendication syndicale », insiste-t-il. Selon lui, l’initiative vient des trois ministères en charge de l’éducation pré-universitaire, technique et supérieur et non des enseignants eux-mêmes. « Même si on le perçoit comme un combat syndical, ce sont les ministères qui souhaitent un statut », martèle-t-il.
Mais c’est surtout sur la portée du statut que Jean Paul Cedy tente d’élargir le débat. Il regrette que l’opinion se focalise exclusivement sur la question du salaire. « Prenez 90 % des enseignants qui réclament le statut : ils ne sauront pas dire ce qu’il contient. Ce qui les intéresse, c’est le salaire », lâche-t-il, avant d’admettre que la quête de meilleures conditions de vie reste « légitime ».
Le ministre décrit pourtant un enjeu plus profond : sauver une profession en déclin. « Le statut sert à sécuriser un corps de métier et à le rendre attractif. Aujourd’hui, personne ne veut être enseignant. Dans trois ou quatre ans, ce métier va disparaître », alerte-t-il, le regard grave. Pour lui, moderniser la carrière enseignante est un impératif vital.
À ceux qui réclament une adoption rapide, il répond sans détour : « Nous ne voulons pas que ça se fasse dans la précipitation. » L’urgence, dit-il, n’empêche pas la rigueur.
Pendant ce temps, au ministère, les discussions ont repris ce jeudi 11 décembre entre gouvernement et syndicats, sous l’œil attentif des ministres concernés. Objectif affiché : sortir de l’impasse et ramener les élèves en classe au plus vite.
Dans un pays où chaque interruption scolaire pèse lourd, les prochaines heures pourraient être décisives.
Saliou Keita






































