À Conakry, ce vendredi, l’atmosphère était lourde. Dans une salle où se mêlaient colère contenue et émotion vive, trois associations d’écoles privées ont pris la parole d’une seule voix. Alors qu’une nouvelle menace de grève plane sur le secteur éducatif, elles sont venues raconter une autre réalité, plus brutale encore : celle de la violence qui frappe leurs établissements et endeuille la communauté scolaire.
Face aux journalistes, les responsables de l’Association des fondateurs des écoles privées de Guinée (AFEP-GUI), de l’Association guinéenne des écoles privées (AGEP) et de l’Association des promoteurs des écoles privées (APEP) ont dressé un constat sombre. Salles de classe saccagées, matériels détruits, enseignants et élèves blessés. Et, surtout, un drame humain qui a bouleversé tout un pays.
« Nous portons à la connaissance de l’opinion nationale et internationale les violences graves subies par plusieurs établissements scolaires privés », ont-ils déclaré. Des violences qui, selon eux, ont causé d’importants dégâts matériels, fait des blessés graves et coûté la vie à une élève.
Son nom revient dans toutes les bouches : Kadiatou Soumah. Élève du groupe scolaire La Haute Marée 2, à Hamdallaye CBG, elle a perdu la vie lors de ces événements. Une disparition tragique qui a plongé ses camarades, ses enseignants et sa famille dans la stupeur. « Sa mort est une perte inacceptable qui interpelle la conscience collective », ont insisté les responsables, la voix parfois brisée, en adressant leurs condoléances à la famille endeuillée.
Les associations n’ont pas mâché leurs mots pour dénoncer ce qu’elles qualifient d’« actes inadmissibles ». Vandalisme, destructions d’infrastructures éducatives, atteintes à la vie humaine : autant de faits qu’elles rappellent être sévèrement punis par la loi. « Rien ne saurait justifier que l’éducation, pilier du développement, devienne un terrain de chaos », ont-elles martelé.
Au cœur de leur message, une interpellation directe de l’État. Les promoteurs d’écoles privées demandent aux autorités d’assumer pleinement leur rôle régalien, en garantissant la sécurité des élèves, des enseignants et des établissements. Elles appellent également les syndicats, la Fédération guinéenne des parents d’élèves (FEGUIPAE) et l’ensemble des acteurs sociaux à privilégier le dialogue pour éviter une année scolaire compromise.
Mais l’avertissement est clair. Si l’insécurité persiste, les écoles privées pourraient suspendre les cours. Une décision lourde, qu’elles disent vouloir éviter, mais qu’elles jugent inévitable pour protéger des vies. « Nous ne pouvons pas exposer nos élèves à des risques aussi graves », préviennent-elles.
À quelques jours de la date annoncée pour la reprise des cours, fixée au 5 janvier 2026, l’urgence est palpable. Dans les couloirs des écoles privées de Conakry, l’espoir d’un retour au calme se mêle à la crainte du pire. Et une question demeure, lancinante : l’école guinéenne pourra-t-elle retrouver la sérénité sans nouveaux drames ?
Abdoul Chaolis Diallo






































