La tension est montée d’un cran ce mardi 10 février 2026. À peine l’annonce du transfert du commandant Aboubacar Toumba Diakité de la Maison centrale de Conakry vers la prison civile de Coyah rendue publique, ses avocats sont sortis de leur réserve. Dans un communiqué au ton ferme, le collectif dénonce une décision qu’il juge illégale et contraire aux principes fondamentaux du droit guinéen.
Selon les conseils de Toumba Diakité, tout transfèrement de leur client hors de la Maison centrale de Conakry viole le droit positif guinéen dès lors qu’aucune juridiction compétente ne s’est prononcée au préalable. « Ce transfèrement est intervenu sans qu’aucune juridiction n’ait statué sur l’incident ou le contentieux ayant conduit l’Administration pénitentiaire à prendre une telle décision », soulignent-ils.
Les avocats s’appuient sur les dispositions combinées des articles 1113, 1019 et 1020 du Code de procédure pénale, rappelant que tout incident lié à l’exécution d’une décision judiciaire relève soit de la juridiction ayant rendu la sentence, soit de la Chambre de contrôle de l’instruction du ressort du lieu de détention du condamné.
Pour le collectif, en procédant à ce transfert sans décision judiciaire préalable, l’Administration pénitentiaire « s’est arrogée un pouvoir qui appartient exclusivement aux juridictions compétentes ». Une démarche qui, selon eux, viole le principe de légalité de la détention, le droit à la défense et le droit à un recours effectif, tout en bafouant les exigences de loyauté procédurale.
Les conseils de Toumba Diakité rejettent également l’argument d’un simple acte administratif. À leurs yeux, le transfèrement modifie substantiellement la situation juridique du détenu, ses conditions de détention et l’exercice effectif de ses droits. « À défaut de décision judiciaire préalable, le transfèrement de Monsieur Aboubacar Diakité dit Toumba s’analyse en une mesure arbitraire », martèlent-ils.
Face à ce qu’ils qualifient de dérive grave, les avocats exigent la cessation immédiate de la mesure et le retour sans délai de leur client à la Maison centrale de Conakry. Ils dénoncent une pratique « qui fragilise l’autorité de la justice et porte atteinte à la sécurité juridique des justiciables ».
Condamné à dix ans de prison dans le dossier des événements du 28 septembre 2009, le commandant Aboubacar Toumba Diakité a déjà passé près de neuf années derrière les barreaux à la Maison centrale de Conakry. Sauf changement, il devrait recouvrer la liberté en mars 2027.
Saliou Keita






































