Il y a des compétitions qui dépassent le simple cadre sportif. Elles racontent une histoire, portent une mémoire et incarnent une identité régionale. La Coupe Amílcar Cabral est de celles-là. À l’arrêt depuis 2007, elle fera son grand retour du 15 au 30 août 2026 en Guinée, sous l’impulsion de l’Union des Fédérations Ouest-Africaines de Football – Zone A (UFOA-A), qui vient d’officialiser sa relance à travers la publication de son calendrier annuel.
Ce retour n’a rien d’anodin. Il intervient dans un contexte particulier, marqué par la récente suppression du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) par la Confédération Africaine de Football (CAF). Autrement dit, au moment où le football local africain perd une vitrine continentale, l’Afrique de l’Ouest décide, elle, de reconstruire son propre espace d’expression.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : redonner aux sélections nationales composées de joueurs locaux une scène compétitive régionale, régulière désormais tous les deux ans et structurée. Un choix stratégique, presque politique, qui remet au centre le développement du football domestique, souvent éclipsé par l’exportation massive des talents vers l’Europe.
Le directeur exécutif de l’UFOA-A, Mapathe Gaye, ne s’y est pas trompé. « Cette Coupe représentait l’identité de la Zone A. La relancer, c’est aussi renforcer l’intégration entre les pays membres », a-t-il déclaré. Le message est clair : il ne s’agit pas seulement de jouer au football, mais de retisser les liens d’une communauté régionale.
Neuf nations sont attendues : le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria, le Mali, le Sénégal, la Sierra Leone, avec la possible participation de la Mauritanie. Autant de pays liés par une histoire commune, des rivalités sportives intenses et une passion partagée pour le ballon rond.
Le symbole est d’autant plus fort que la compétition porte le nom d’Amílcar Cabral, figure majeure des luttes pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert. Ressusciter ce tournoi, c’est aussi raviver une mémoire panafricaine, rappeler que le sport peut être un vecteur d’unité, de dignité et d’affirmation collective.
En accueillant cette édition 2026, la Guinée ne reçoit pas seulement une compétition. Elle hérite d’une responsabilité : celle de faire de ce retour un succès populaire et organisationnel, à la hauteur de l’histoire que porte ce nom.
Plus qu’un tournoi, la Coupe Amílcar Cabral revient comme un manifeste. Celui d’une Afrique de l’Ouest décidée à écrire, elle-même, les règles de son jeu.
Louda Dia






































