Présent à l’occasion de la deuxième édition de l’examen national Adlam, M. Abdoulaye Sannou Diallo, chef de division de l’alphabétisation de base et numérique à la Direction nationale de l’alphabétisation, de l’éducation non formelle et de la promotion des langues nationales, a salué les avancées enregistrées dans la valorisation des écritures locales en Guinée. Il appelle les autorités, les parents et l’ensemble des citoyens à soutenir davantage cette dynamique.
Que représente votre présence aujourd’hui ?
Je suis ici pour accomplir un devoir de service. Ces enfants ont bénéficié d’une formation et il est désormais question de les évaluer afin de mesurer leur niveau de compréhension. J’ai été mandaté pour représenter mon directeur, empêché.
Nous assistons aujourd’hui à la deuxième édition de l’examen national Adlam. Quel regard portez-vous sur l’évolution de cette initiative ?
Nous avons beaucoup à dire, mais l’essentiel est clair : les progrès observés aujourd’hui sont le fruit des efforts des promoteurs de ces différents systèmes d’écriture.
Nous avons nos langues, mais aussi désormais des caractères qui nous sont propres. L’Adlam, le N’Ko et le Koresebeli constituent aujourd’hui de véritables références culturelles pour notre pays. Nous ne pouvons qu’encourager leurs promoteurs et inviter les autorités compétentes à les accompagner davantage.
Avec 4 723 candidats à travers le pays, peut-on dire que l’Adlam commence réellement à s’imposer ?
Oui, sans hésitation. Lorsqu’on transmet un savoir aux enfants, on prépare l’avenir. Si l’on veut pérenniser une œuvre, il faut passer par la jeunesse.
À ce rythme, dans quelques années, l’Adlam pourra couvrir l’ensemble du territoire national. Certes, il n’est pas toujours facile de faire accepter ce que certains ne connaissent pas encore. Mais grâce à la sensibilisation et à la détermination des promoteurs, les objectifs seront atteints.
Que pensez-vous du décret du 17 avril 2026 autorisant la diffusion des messages officiels en langues nationales transcrites en N’Ko, Adlam et autres écritures locales ?
C’est un véritable soulagement. Tous ceux qui étaient conscients de cette question savaient qu’il existait un vide juridique. Aujourd’hui, grâce aux autorités actuelles et à leur compréhension des enjeux culturels, ce vide a été comblé.
Nous ne pouvons que remercier les responsables pour cette décision historique.
Certains restent opposés à l’enseignement de nos langues nationales. Quel message leur adressez-vous ?
Je pense surtout qu’il s’agit d’un manque de compréhension. La langue est l’élément culturel le plus fondamental d’un peuple.
Les systèmes d’écriture que nous possédons aujourd’hui nous permettent de préserver notre identité et de réduire la dépendance envers les autres. Il faut poursuivre la sensibilisation afin que chacun comprenne l’importance de cette démarche.
Quel message adressez-vous aux parents d’élèves ?
Investir dans l’éducation n’est jamais un investissement perdu. J’invite les parents à redoubler d’efforts pour encourager leurs enfants à apprendre l’Adlam.
Ces jeunes seront les messagers de demain et les garants de notre autonomie culturelle.
Alpha Amadou Diallo
































