Il y a des combats silencieux qui finissent toujours par imposer leur évidence. Celui de l’Adlam en Guinée en est aujourd’hui l’illustration la plus éclatante. Longtemps reléguée aux marges, souvent incomprise, parfois combattue, cette écriture née du génie africain s’affirme désormais comme un puissant instrument de transmission, d’émancipation et de dignité culturelle. La deuxième édition de l’examen national Adlam en apporte la preuve éclatante.
Avec 4 723 candidats répartis à travers le pays, il ne s’agit plus d’une simple expérience pédagogique. C’est un mouvement profond. Une reconquête intellectuelle. Une réponse claire à ceux qui pensaient que les langues africaines devaient rester orales, dépendantes des alphabets d’ailleurs, incapables de porter la modernité. L’Adlam leur oppose aujourd’hui la discipline des salles de classe, la rigueur des examens et l’enthousiasme d’une jeunesse décidée à écrire son propre avenir.
Dans cette dynamique, certaines voix méritent d’être saluées. Celle de M. Abdoulaye Sannou Diallo en fait partie. Présent lors de cette deuxième édition, le chef de division de l’alphabétisation de base et numérique à la Direction nationale de l’alphabétisation, de l’éducation non formelle et de la promotion des langues nationales, a tenu un discours à la fois lucide, engagé et porteur d’espérance.
Là où d’autres hésitent encore, lui rappelle une vérité essentielle : une nation qui néglige ses langues affaiblit sa mémoire. Une société qui refuse d’enseigner ses écritures renonce à une part de sa souveraineté. En affirmant que l’Adlam, le N’Ko et le Koresebeli sont devenus des références culturelles majeures, Abdoulaye Sannou Diallo replace le débat à son juste niveau : celui de l’identité et du progrès.
Son message aux parents est d’une rare justesse. Investir dans l’éducation n’est jamais une perte. Encourager un enfant à apprendre l’Adlam, ce n’est pas l’enfermer dans le passé ; c’est lui donner des racines pour mieux affronter l’avenir. Car un peuple debout est un peuple qui lit, écrit et pense dans ses propres langues.
Son analyse du décret du 17 avril 2026 mérite également attention. En autorisant la diffusion des messages officiels en langues nationales transcrites en Adlam, N’Ko et autres écritures locales, l’État pose un acte historique. Il reconnaît enfin que la République ne doit pas parler à son peuple dans une langue lointaine, mais dans les mots qui habitent ses foyers, ses marchés et ses mémoires.
Quant aux détracteurs, l’histoire se chargera de les corriger. Car s’opposer à l’enseignement des langues nationales revient souvent à confondre modernité et aliénation. Le véritable progrès n’est pas d’imiter sans fin, mais de créer à partir de soi.

L’Adlam avance. Et avec des serviteurs engagés comme Amadou Gongoret Diallo, il avance avec méthode, conviction et hauteur de vue. Ce qui se joue aujourd’hui dépasse une simple écriture : c’est la renaissance d’une confiance collective. Demain appartiendra à ceux qui savent lire leur monde dans la langue de leurs ancêtres et écrire leur destin avec leurs propres lettres.
Alpha Amadou Diallo
































