À Conakry, sur les rives du lac Gbassikolo, la 18ᵉ édition des « 72 Heures du Livre » a été officiellement lancée dans une atmosphère mêlant culture, réflexion et ambition nationale. Bien plus qu’un simple rendez-vous littéraire, cette manifestation rappelle une vérité essentielle : aucune société ne peut prétendre au progrès sans faire du livre un pilier de son avenir.
Placée sous le haut patronage du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, la cérémonie d’ouverture a été présidée par Djiba Diakité, Ministre Directeur de Cabinet de la Présidence et Président d’honneur de l’événement. Autour de lui, plusieurs membres du gouvernement, acteurs culturels et partenaires internationaux ont marqué leur présence, preuve que la culture n’est plus reléguée au second plan.
Car cette journée dépasse le protocole. Elle symbolise la reconnaissance du livre comme outil de souveraineté intellectuelle, de transmission du savoir et de formation des consciences. Dans un monde dominé par la rapidité numérique, célébrer le livre revient à défendre la pensée, la mémoire et l’esprit critique.
Le thème retenu cette année, « Jeunesse et numérique : création, innovation et engagement », tombe à point nommé. Il rappelle que la jeunesse guinéenne doit être non seulement connectée, mais aussi cultivée. Le numérique sans contenu n’est qu’un outil vide ; le savoir, lui, donne un sens à l’innovation.
Depuis sa création en 2009 sous l’impulsion de Sansy Kaba Diakité et des Éditions L’Harmattan Guinée, les « 72 Heures du Livre » se sont imposées comme un carrefour majeur de la vie intellectuelle guinéenne et africaine. Auteurs, éditeurs, universitaires et lecteurs y trouvent un espace de dialogue rare, où les idées circulent librement.
Cette édition met également à l’honneur les 13 communes de Conakry, rappelant que la culture doit vivre au plus près des citoyens. Car lire ne doit pas être le privilège d’une élite, mais un droit accessible à tous.
En liant cet événement à la vision Simandou 2040, les autorités envoient un message clair : les infrastructures et les ressources naturelles ne suffisent pas à bâtir une nation forte. Le véritable trésor d’un pays reste son capital humain.
À travers conférences, dédicaces, ateliers et distinctions, Conakry célèbre donc bien plus qu’un salon du livre. Elle célèbre l’intelligence, l’éducation et l’espoir. Et dans une époque souvent bruyante, cette journée rappelle avec force qu’un peuple qui lit est un peuple qui avance.
Sibé Fofana
































