Invitée par de prestigieuses universités d’Amérique et d’Europe pour partager son expérience dans l’enseignement des langues africaines, la Guinéenne Aysha Sow incarne une conviction de plus en plus forte sur le continent : une langue ne peut pleinement vivre et transmettre son héritage que lorsqu’elle est enseignée, écrite et valorisée dans son propre alphabet. À travers son engagement pour l’Adlam, l’écriture du fulfulde, elle porte un message qui dépasse les frontières de la Guinée : la préservation des langues africaines est un enjeu majeur de culture, d’identité et de développement.
Dans un continent où les langues africaines peinent encore à occuper la place qui leur revient dans les systèmes éducatifs et les espaces de savoir, chaque réussite dans ce domaine mérite d’être célébrée. C’est dans cet esprit que le Dr Abdullah Barry, de la Fondation Adlam pour l’enseignement et la publication de la langue Fulfulde, a partagé une nouvelle porteuse d’espoir : la professeure Aysha Sow a été invitée par de prestigieuses institutions académiques d’Amérique et d’Europe afin de partager son expérience dans l’enseignement et l’édition des langues africaines.
Cette invitation internationale dépasse largement une simple reconnaissance personnelle. Elle témoigne de l’intérêt croissant que suscitent les langues africaines dans les milieux universitaires du monde entier. Longtemps reléguées au second plan, ces langues constituent pourtant des vecteurs essentiels de transmission des savoirs, de préservation de la mémoire collective et de renforcement de l’identité culturelle des peuples.
Originaire de Guinée, Aysha Sow incarne cette nouvelle génération d’Africains convaincus que le développement du continent passe aussi par la valorisation de ses langues. Après des études en marketing au Maroc, elle a choisi de mettre ses compétences au service de l’éducation et de la promotion linguistique. Son engagement en faveur de l’Adlam, l’alphabet conçu pour l’écriture du Fulfulde, a fait d’elle l’une des figures les plus actives de ce mouvement de renaissance linguistique.
À travers son travail d’édition, de formation et de sensibilisation, elle contribue à rendre accessible l’apprentissage de la langue et de l’écriture aux nouvelles générations. Une mission essentielle à l’heure où de nombreuses langues africaines sont confrontées aux défis de la mondialisation et de la domination des langues étrangères dans les systèmes éducatifs.
Le parcours d’Aysha Sow est également marqué par une reconnaissance internationale notable. Elle figure parmi les rares Africains à avoir bénéficié de l’attention de la Fondation Google lors de sa visite historique sur le continent, dans le cadre de son partenariat avec la Fondation Barry Brothers, engagée dans l’enseignement et la publication en langues africaines.
Au-delà de son succès personnel, cette distinction met en lumière une réalité souvent oubliée : les langues africaines ne sont pas seulement des outils de communication. Elles sont des patrimoines vivants, des passerelles entre les générations et des instruments de cohésion sociale. Elles portent les valeurs, les traditions, les savoirs et les visions du monde de millions de personnes.
L’invitation adressée à Aysha Sow est donc aussi une invitation à regarder autrement les langues africaines : non comme des héritages du passé, mais comme des ressources stratégiques pour l’avenir du continent.
À Aysha Sow, nous adressons nos sincères félicitations et nos vœux de réussite dans cette nouvelle mission. Son parcours rappelle que lorsque les langues africaines voyagent, c’est toute l’Afrique qui gagne en visibilité, en dignité et en reconnaissance.
Avec Abdoulaye J Barry



































