Dans la vaste entreprise de refondation de l’État engagée par les autorités guinéennes, certains chantiers avancent loin des projecteurs mais conditionnent pourtant la réussite de toutes les autres réformes. La modernisation des finances publiques fait partie de ces priorités stratégiques. En lançant ce jeudi le Guide pratique du Contrôle financier et le Système intégré du Contrôle financier (SICOF), la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a posé un acte fort qui traduit une ambition claire : faire de la transparence, de la rigueur et de la performance les nouveaux piliers de la gestion publique.
À travers ces deux instruments, la ministre ne se contente pas d’introduire de nouveaux outils administratifs. Elle engage son département dans une transformation profonde des méthodes de contrôle et de suivi des dépenses publiques. Le Guide pratique du Contrôle financier établit désormais un cadre méthodologique précis destiné à harmoniser les pratiques et à renforcer la conformité des opérations financières. Quant au SICOF, il marque l’entrée du contrôle financier guinéen dans l’ère de la digitalisation, grâce à une plateforme centralisée et automatisée capable d’améliorer le suivi budgétaire et comptable des organismes publics.
Cette initiative révèle surtout la vision portée par Mariama Ciré Sylla depuis sa prise de fonction : celle d’une administration financière moderne, capable de répondre aux exigences de bonne gouvernance et aux attentes croissantes des citoyens comme des partenaires techniques et financiers. Dans un contexte où la crédibilité des institutions repose de plus en plus sur leur capacité à gérer efficacement les ressources publiques, le renforcement des mécanismes de contrôle apparaît comme une nécessité incontournable.
La ministre l’a d’ailleurs clairement assumé en présentant ces innovations comme l’expression d’une volonté politique de modernisation des finances publiques et de consolidation de la confiance. Une confiance qui ne se décrète pas, mais qui se construit à travers des procédures transparentes, des outils fiables et une gestion responsable des deniers publics.
Le directeur national du Contrôle financier a souligné que cette réforme vise à améliorer l’efficacité des services publics tout en mettant à la disposition des gestionnaires des instruments performants de pilotage budgétaire. En d’autres termes, il s’agit de passer d’une logique administrative parfois lourde et fragmentée à une culture de résultats fondée sur l’information, le contrôle et l’anticipation.
La remise symbolique du Guide pratique à plusieurs contrôleurs financiers, en clôture de la cérémonie, n’avait rien d’anodin. Elle marque le début concret d’une nouvelle étape dans la gouvernance financière du pays. Derrière ce geste se dessine une ambition plus large : bâtir une administration capable d’accompagner les grands projets de développement tout en garantissant une utilisation optimale des ressources publiques.
À travers le lancement du SICOF et du Guide pratique du Contrôle financier, Mariama Ciré Sylla confirme ainsi son rôle de cheffe d’orchestre d’une réforme essentielle. Car dans la Guinée de demain, la transparence financière ne devra plus être une promesse, mais une réalité mesurable et durable.
Amadou Diallo



































