À l’occasion du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée, le président de la République a placé son adresse à la nation sous le signe de la souveraineté politique et économique. Revenant sur le choix historique du 2 octobre 1958, il a rendu hommage aux résistants et aux pères fondateurs, tout en présentant la jeunesse et le programme Simandou 2040 comme les principaux leviers de transformation du pays.
Soixante-huit ans après le 2 octobre 1958, la Guinée entend toujours faire de son indépendance un principe directeur de son action nationale. Dans son discours prononcé à l’occasion de la fête nationale, le président de la République a présenté cette date historique comme bien davantage qu’une commémoration : un héritage à préserver et un engagement à renouveler.
Pour le chef de l’État, le choix effectué en 1958 demeure l’un des actes fondateurs de l’histoire contemporaine du pays. Une décision prise, selon lui, par un peuple qui ne disposait ni d’une puissance militaire considérable ni de ressources accumulées, mais qui avait choisi de s’appuyer sur sa dignité, son courage et sa volonté de disposer de lui-même.
« Le 2 octobre 1958, la Guinée a choisi la liberté », a-t-il rappelé, présentant cette rupture historique comme l’expression d’une volonté de souveraineté politique et économique pleinement assumée.
De Samory Touré aux anonymes de la résistance
Dans son adresse, le président a également convoqué la mémoire des grandes figures de la résistance à la pénétration coloniale. Almamy Samory Touré, Alpha Yaya Diallo, Zégbéla Togba Pivi et Dinah Salifou ont notamment été cités parmi ceux qui ont incarné, à différentes périodes, la résistance et la défense de la souveraineté.
À leurs côtés, le chef de l’État a rendu hommage aux anonymes de l’histoire nationale : paysans, femmes et jeunes dont les noms n’ont pas nécessairement traversé les livres d’histoire, mais dont les sacrifices ont contribué à forger la nation.
Pour lui, cet héritage ne doit pas être considéré comme appartenant uniquement au passé. La souveraineté, estime-t-il, doit être constamment défendue, consolidée et construite.
La jeunesse, « plus grande richesse » du pays
Une place centrale a été accordée à la jeunesse dans cette vision de la Guinée de demain.
Soulignant que plus de 70 % de la population guinéenne a moins de 35 ans, le président a présenté cette donnée démographique comme une opportunité plutôt qu’une simple contrainte.
Il a comparé le potentiel de cette jeunesse aux ressources minières du pays, notamment le fer de Simandou, la bauxite de Boké et l’or de Siguiri. Selon son argumentaire, les ressources naturelles sont épuisables, tandis que le savoir, la créativité et l’énergie d’une jeunesse correctement formée peuvent constituer un capital durable pour le pays.
À l’adresse des jeunes Guinéens tentés par l’émigration irrégulière, le chef de l’État a appelé à croire davantage aux possibilités offertes par leur propre pays.
Travail, excellence, ordre et discipline ont été présentés comme les valeurs devant accompagner cette génération appelée, selon lui, à transformer l’héritage de l’indépendance en projet d’avenir.
Simandou 2040, instrument de souveraineté économique
Le programme Simandou 2040 constitue l’un des principaux axes du discours présidentiel.
Le chef de l’État a insisté sur le fait que le projet ne devait pas être réduit à l’exploitation du minerai de fer, à la construction d’un chemin de fer, d’un port ou d’infrastructures industrielles.
Il l’a présenté comme un projet plus large de transformation économique et sociale, destiné à convertir les ressources minières en opportunités pour les populations.
Dans cette perspective, l’initiative Simandou Academy doit contribuer à la formation d’ingénieurs, de techniciens et d’entrepreneurs guinéens. Le développement des infrastructures, des écoles, des hôpitaux, des routes et des industries figure également parmi les ambitions affichées.
L’objectif présenté est de faire en sorte que l’exploitation des ressources naturelles produise également des retombées en matière de compétences, d’emplois, d’industries et de développement humain.
« Simandou 2040, c’est la souveraineté économique au service de la souveraineté politique », a affirmé le président.
« La Guinée n’appartient à aucun clan »
Dans un autre volet de son intervention, le chef de l’État a insisté sur l’unité nationale et l’inclusion.
Il a assuré vouloir associer l’ensemble des Guinéens au processus de transformation du pays, sans distinction d’origine, de région, d’opinion ou de confession.
Une formule a particulièrement marqué cette partie du discours : « La République de Guinée n’appartient à aucun clan. Elle appartient à tous les Guinéens. »
Le président a également appelé les citoyens à s’approprier la devise nationale : « Travail – Justice – Solidarité ».
Le travail est présenté comme une condition du développement, la justice comme un fondement de la paix durable et la solidarité comme un principe destiné à éviter qu’une partie de la population ne soit laissée en marge du progrès.
Hommage aux forces vives de la Nation
À l’occasion de cette fête nationale, le président a salué les différentes composantes de la société guinéenne.
Forces de défense et de sécurité, femmes, anciens, autorités religieuses et coutumières, travailleurs, paysans, pêcheurs, artisans, commerçants, enseignants et élèves ont été successivement honorés dans son adresse.
Le chef de l’État a également adressé ses salutations au corps diplomatique et aux organisations internationales présentes en Guinée, ainsi qu’aux pays partenaires de Conakry.
Une pensée particulière a été réservée à la diaspora guinéenne. Installés en Afrique, en Europe, en Amérique, en Asie ou dans d’autres régions du monde, les Guinéens de l’extérieur ont été invités à contribuer, par leur expérience et leurs compétences, à la construction du pays.
Un engagement renouvelé pour la souveraineté nationale
Dans la dernière partie de son discours, le président a renouvelé son engagement à défendre l’intégrité territoriale, les ressources naturelles et la dignité de la Guinée.
Il a notamment assuré qu’il ne céderait « rien de ce qui appartient au peuple souverain de Guinée », citant la terre, les richesses et la dignité nationale.
Le chef de l’État a également réaffirmé sa volonté de consacrer son mandat au bien-être des populations, à la paix, à l’unité nationale et à une prospérité présentée comme devant être partagée.
« Oui à l’avenir »
Pour conclure son adresse, le président a renoué avec la mémoire des pères fondateurs de l’indépendance, dont l’héritage doit, selon lui, se prolonger à travers la jeunesse actuelle.
Un message résumé autour de quatre engagements : « Oui à la République de Guinée ! Oui au vivre-ensemble ! Oui à l’avenir ! Oui à la grandeur de notre nation ! »
Soixante-huit ans après le 2 octobre 1958, le discours présidentiel place ainsi la souveraineté au croisement de la mémoire historique, de la jeunesse, de l’exploitation des ressources naturelles, de l’unité nationale et de la transformation économique.
La célébration de l’indépendance se veut dès lors, dans cette vision, non seulement un regard vers le passé, mais également une projection vers une Guinée appelée à transformer ses ressources et son capital humain en instruments de développement.
Voici l’intégralité du message
A Amadou Diallo







































