En colère contre l’intersyndicale de l’éducation, les enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry réclament l’application du protocole d’accord du 3 janvier 2026, notamment leur intégration à la fonction publique. Réunis ce mercredi 14 octobre à Kaloum, ils appellent leurs collègues à suspendre les cours jusqu’à satisfaction de leurs revendications.
Le bras de fer se durcit entre les enseignants contractuels de Conakry et l’intersyndicale de l’éducation, composée de la FSPE, du SNE et du SLEEG. Leur coordinateur général, Mohamed Latige Ibrahim, accuse les responsables syndicaux d’avoir abandonné leur dossier et exige l’application du septième point du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026, qui prévoit l’intégration des anciens contractuels à la fonction publique après un concours de pratique de classe.
Face à ce qu’ils considèrent comme une absence d’avancées, les protestataires appellent à un débrayage dans les établissements publics. Ils interpellent également le président Mamadi Doumbouya et le Premier ministre Bah Oury, rappelant que leur situation reste en suspens depuis 2018.
« Nous sommes des mères de famille, des filles, des fils ainsi que des papas qui donnent des cours dans les écoles publiques, mais sans issue », déplore Nakany Kanté, enseignante contractuelle au secondaire, qui dit avoir le cœur meurtri par cette longue attente.
Cette mobilisation intervient dans un climat de tensions au sein du mouvement syndical de l’éducation. Le 8 octobre dernier, une altercation verbale avait opposé Diaka Sow, porte-parole des enseignants contractuels communaux non retenus, à Mohamed Roméo Bangoura, responsable de la communication du SLECG, lors d’une assemblée générale extraordinaire.
Les échanges avaient notamment porté sur la possibilité de déclencher une grève en dehors de l’intersyndicale. Diaka Sow avait alors évoqué la corruption pour dénoncer l’interruption de son intervention. Des accusations similaires avaient déjà été formulées en novembre 2025 par Michel Pépé Balamou à l’encontre de certains syndicalistes, sans que ces déclarations suffisent à établir des faits de corruption.
Entre revendications d’intégration, accusations de trahison et défiance envers les représentants syndicaux, la crise s’enlise. L’absence d’une issue concrète fait planer la menace de perturbations dans les établissements publics de la capitale.
Fatimatou Diallo







































