Cinq vies fauchées en un instant. Encore. Sur l’axe Conakry–Kindia, devenu tristement familier des drames routiers, une voiture en provenance de la Haute-Guinée est entrée en collision avec deux camions aux environs de 20 heures. Le choc, d’une rare violence, n’a laissé aucune chance à ses occupants : cinq morts sur le coup, plusieurs blessés graves, aujourd’hui entre la vie et la mort dans des structures sanitaires de Coyah.
Derrière ces chiffres, il y a des familles brisées, des destins interrompus, et une question lancinante : jusqu’à quand ?
Selon des témoignages recueillis sur place, l’accident pourrait être lié à une perte de contrôle ou à un dépassement dangereux dans une zone à visibilité réduite. Des hypothèses, encore. Car comme trop souvent, la vérité des faits attendra une enquête officielle. Mais faut-il réellement attendre les conclusions pour poser le diagnostic ? Excès de vitesse, imprudence, routes mal sécurisées, contrôles insuffisants : les causes sont connues, répétées, presque banalisées.
Et pourtant, rien ne semble changer.
Les forces de sécurité, arrivées rapidement sur les lieux, ont fait leur part : sécuriser, évacuer, rétablir la circulation. Mais leur intervention, aussi essentielle soit-elle, intervient toujours après le drame. Jamais avant.
Ce nouvel accident agit comme un révélateur brutal des failles persistantes de notre système de sécurité routière. Sur cet axe stratégique, où se croisent véhicules de transport, camions et voitures particulières, les règles élémentaires de prudence sont trop souvent ignorées, faute de contrôle rigoureux et de sanctions dissuasives.
Les appels à la prudence des autorités, répétés à chaque tragédie, sonnent désormais comme des refrains usés. La pédagogie ne suffit plus. Il est temps de passer à l’action : renforcer les contrôles, améliorer l’état des infrastructures, encadrer plus strictement le transport routier, et surtout, sanctionner sans complaisance.
Car chaque accident évitable est un échec collectif.
À force de compter les morts, le risque est grand de s’habituer à l’inacceptable. Mais une nation qui banalise ses drames routiers renonce, en silence, à protéger ses citoyens.
Cette fois encore, la route a tué. La vraie question est de savoir si, enfin, elle sera entendue.
Abdoul Chaolis Diallo


































