Le projet de barrage hydroélectrique d’Amaria ne doit pas être perçu comme un simple chantier de plus. Il représente un choix stratégique majeur pour l’avenir de la Guinée : celui de conquérir enfin son indépendance énergétique.
Installé sur le fleuve Konkouré, en aval de Kaléta et Souapiti, dans la préfecture de Dubréka, Amaria ambitionne de produire environ 300 MW. Une capacité qui en ferait l’un des plus grands barrages du pays, derrière Souapiti et devant bien d’autres infrastructures régionales. Mais au-delà des chiffres, c’est le symbole qui importe : produire chez soi l’énergie dont on a besoin pour se développer.
Aucun pays ne peut prétendre à l’émergence en restant dépendant de solutions thermiques coûteuses, polluantes et vulnérables aux fluctuations du marché international. Tant que l’électricité repose sur le carburant importé, l’économie reste exposée, les finances publiques fragilisées et les populations condamnées aux délestages ou aux factures lourdes.
C’est pourquoi Amaria arrive à point nommé. Ce barrage pourrait alimenter les ménages, soutenir les petites entreprises, sécuriser les besoins du secteur minier et accompagner l’industrialisation nationale. Une énergie abondante et stable n’éclaire pas seulement les foyers : elle fait tourner les usines, crée des emplois et attire les investisseurs.
Mieux encore, la Guinée pourrait renforcer sa position régionale en exportant de l’électricité vers les pays voisins. Dans un monde où l’énergie devient un levier géopolitique, disposer d’un surplus de production est un avantage considérable.
Le programme Simandou 2040 ne pourra réussir sans colonne vertébrale énergétique solide. Routes, mines, transformation locale des ressources, zones industrielles : tout commence par le courant. Sans énergie fiable, les ambitions restent sur le papier.
Le barrage d’Amaria rappelle donc une vérité simple : la souveraineté moderne passe aussi par les turbines et les lignes à haute tension. Être indépendant énergétiquement, c’est être plus libre économiquement, plus fort industriellement et plus crédible politiquement. La Guinée a les ressources hydrauliques ; elle doit désormais les transformer en puissance nationale durable.
Amadou Diallo



































