Un camion chargé de blocs de granite s’est renversé au rond-point de Hamdallaye, à Conakry. Par miracle, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée. Mais un véhicule stationné en bordure de route a été entièrement détruit. Une scène spectaculaire, heureusement sans drame humain, mais qui doit interpeller tout le monde.
Dans une capitale dense et mouvementée comme Conakry, la prudence ne devrait jamais dormir, même la nuit. Trop souvent, certains conducteurs pensent que l’obscurité offre plus de liberté pour rouler vite, tester des engins mal maîtrisés ou improviser des apprentissages dangereux. Grave erreur. La nuit réduit la visibilité, augmente les risques de surprise et transforme la moindre faute en catastrophe.
Une question se pose avec insistance : pourquoi tant de véhicules lourds prennent-ils la route sans contrôle rigoureux préalable ? Freins, pneus, direction, chargement, équilibre du camion… rien ne devrait être laissé au hasard avant de circuler dans une ville où chaque carrefour peut devenir un piège.
Autre inquiétude récurrente : pourquoi confier parfois ces mastodontes mécaniques à des jeunes inexpérimentés, sous prétexte de les former la nuit ? Un camion poids lourd n’est ni un jouet ni un simple véhicule d’initiation. Sa conduite exige compétence, encadrement strict et professionnalisme. Apprendre sur les routes urbaines, au milieu des riverains et des automobilistes, relève de l’inconscience.
Il est temps d’ouvrir le vrai débat : pourquoi ne pas créer des centres modernes d’apprentissage à coût accessible pour la conduite des poids lourds ? Des espaces adaptés, sécurisés, avec moniteurs qualifiés, permettraient de former correctement les chauffeurs au lieu de transformer les rues de Conakry en terrains d’essai.
L’accident de Hamdallaye n’a pas fait de morts. Tant mieux. Mais devons-nous toujours attendre le pire pour corriger le désordre ? La circulation dans une capitale impose discipline, responsabilité et respect de la vie humaine. Rouler doucement n’est pas une faiblesse : c’est une preuve de civisme.
Alpha Amadou Diallo



































