En campagne dans la cité historique de Macenta, Dr Faya Lansana Millimono n’a pas livré un simple meeting : il a posé un diagnostic frontal de la dérive sécuritaire qu’il attribue au régime du CNRD. Face à ses militants rassemblés en nombre, le candidat du Bloc Libéral a mis de côté les promesses habituelles pour laisser éclater une colère longtemps contenue.
Au cœur de son indignation : la disparition de son directeur adjoint de campagne, Massa Douago Guilavogui, enlevé depuis une semaine. Un acte qu’il érige en symbole d’un climat politique étouffant. « Les Guinéens vivent dans la peur », accuse-t-il, rappelant également l’enlèvement des enfants de l’artiste et homme politique Elie Kamano. Pour lui, la ligne rouge est franchie : « Trop, c’est trop. »
Cette sortie musclée se veut un point de rupture dans un contexte où la sécurité intérieure est devenue un thème central de la campagne. En se présentant comme celui qui mettra fin à « la terreur » et restaurera la tranquillité des citoyens, Faya Millimono cherche à incarner le rempart contre les abus et les dérives autoritaires. « Je serai le président qui va mieux protéger les Guinéens », promet-il, jouant la carte du leadership rassurant.
À Macenta, terre de résistance et de mémoire, le candidat du Bloc Libéral a fait de son passage un acte politique fort, presque une interpellation directe au pouvoir en place. En appelant ses partisans à « tourner complètement la page de la peur » le 28 décembre, Faya Millimono transforme le scrutin à venir en un choix existentiel : celui entre la continuité d’un climat d’insécurité et la promesse d’un changement « réel ».
Reste à savoir si l’écho de cette colère maîtrisée dépassera les frontières de Macenta pour peser sur l’issue d’une présidentielle déjà sous haute tension.
Amadou Diallo






































