Conakry, 23 avril 2026. À quelques semaines des élections législatives et communales, le ton se durcit dans le paysage médiatique guinéen. La Haute Autorité de la Communication (HAC) a annoncé, dans une décision rendue publique ce jeudi, la suspension de l’émission « Guinée Today » de la chaîne privée Télé 24 ainsi que de deux de ses journalistes pour une durée de trois mois.
Dans sa décision N°014/HAC/2026, l’organe de régulation reproche à Télé 24 et à ses collaborateurs, Aboubacar Diallo et Sékou Bah, d’avoir diffusé des contenus assimilés à de la propagande électorale en faveur d’un candidat, en violation des règles encadrant la période préélectorale.
Une récidive jugée « grave »
Selon la HAC, les faits remontent à l’émission « Guinée Today » diffusée ce 23 avril, au cours de laquelle les deux journalistes se seraient livrés à un traitement partisan de l’information, rompant ainsi le principe d’égalité entre les candidats. Un manquement d’autant plus sérieux qu’il intervient avant même l’ouverture officielle de la campagne électorale.
L’institution souligne également qu’il ne s’agit pas d’un incident isolé. Deux jours plus tôt, le 21 avril, la chaîne avait déjà diffusé un reportage amateur montrant des activités de propagande politique. Malgré un avertissement formel suivi d’excuses de la direction de Télé 24, la HAC estime que la récidive constitue une « violation manifeste » des règles en vigueur.
Tolérance zéro en période électorale
S’appuyant sur les textes encadrant la liberté de la presse et la régulation des médias, mais aussi sur les décrets fixant le calendrier électoral, la HAC rappelle l’interdiction stricte de toute propagande avant le lancement officiel de la campagne.
Dans ce contexte sensible, l’autorité dirigée par Boubacar Yacine Diallo entend envoyer un signal clair à l’ensemble des acteurs médiatiques : aucune entorse aux règles ne sera tolérée.
Une sanction immédiate
La décision prend effet dès sa signature et prévoit la suspension de l’émission incriminée ainsi que des deux journalistes pour une durée de trois mois. Elle sera également enregistrée et publiée au Journal officiel de la République.
À l’approche du scrutin du 31 mai, cette sanction marque un tournant dans la régulation du paysage médiatique guinéen, où la question de l’équité et de la neutralité de l’information s’impose plus que jamais comme un enjeu central du processus démocratique.
Sibé Fofana


































