Au lendemain des élections législatives et communales du 31 mai, un débat s’est rapidement imposé dans l’espace public : celui de la participation. Derrière les chiffres, les interprétations se multiplient. Pour certains, l’affluence relativement modeste observée dans plusieurs localités traduirait une forme de lassitude politique. Pour d’autres, elle poserait même la question de la légitimité des futures institutions.
Face à ces interrogations, le gouvernement a choisi de défendre sa lecture des événements. Dans un entretien accordé à Africaguinee.com, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a livré une argumentation qui se veut sans ambiguïté : la légitimité d’un scrutin ne se mesure pas uniquement à l’aune du taux de participation.
L’ancien opposant devenu membre de l’exécutif rappelle que les élections législatives suscitent traditionnellement moins d’engouement que les présidentielles. Selon lui, l’essentiel est ailleurs : dans le déroulement pacifique du vote, l’absence de violences et le respect du processus électoral. Une situation qu’il présente comme une rupture avec les épisodes souvent tumultueux qui ont marqué l’histoire politique récente de la Guinée.
Pour Ousmane Gaoual Diallo, l’abstention, aussi importante soit-elle, ne retire rien à la validité du verdict des urnes. Dans une démocratie où le vote est un droit et non une obligation, explique-t-il, la légitimité appartient à ceux qui choisissent de s’exprimer. Les citoyens qui s’abstiennent exercent également une liberté, mais leur silence ne saurait invalider la voix de ceux qui ont participé au scrutin.
Cette position s’appuie sur une comparaison avec plusieurs démocraties occidentales où certaines consultations enregistrent des taux de participation relativement faibles sans que leurs institutions soient remises en cause. Pour le ministre, la priorité doit donc être la sensibilisation citoyenne plutôt que la contestation systématique des résultats.
Sur la question sensible de l’inclusivité du scrutin, le porte-parole du gouvernement rejette également les critiques. Selon lui, aucune disposition légale n’a empêché un citoyen ou un acteur politique de participer aux élections. Si certains partis ou responsables ont choisi de rester en dehors du processus, cela relèverait davantage d’une décision politique que d’une exclusion imposée par l’État.
Reste néanmoins un point qui continue d’alimenter la controverse : la dissolution de plusieurs grandes formations politiques avant les élections. Là encore, Ousmane Gaoual Diallo défend la position officielle en affirmant que les militants et cadres de ces partis conservaient la possibilité de se présenter sous d’autres bannières ou à titre individuel.
Au-delà de la bataille des chiffres, cette sortie médiatique révèle surtout une volonté du gouvernement de tourner définitivement la page de la transition. Le message est clair : pour les autorités, la Guinée est désormais entrée dans une nouvelle phase, celle de la consolidation des institutions issues des urnes.
Mais comme souvent en politique, la légitimité ne se décrète pas uniquement dans les textes ou les discours. Elle se construit aussi dans le temps, à travers la confiance que les citoyens accordent aux institutions. C’est sans doute là que se jouera le véritable test de cette nouvelle séquence politique.
Saliou Keita




































