KINDIA. L’émotion reste vive à Kindia après le décès d’un candidat poursuivi dans une affaire de fraude au baccalauréat. Ce mercredi 22 juillet 2026, plusieurs élèves sont descendus dans les rues de la ville pour organiser une marche pacifique en faveur de la libération des candidats et des enseignants encore placés en détention dans le cadre de cette affaire.
Le cortège, parti du quartier Sinania, a rejoint le Tribunal de première instance de Kindia, où les manifestants ont lancé un appel aux autorités judiciaires afin qu’elles reconsidèrent le sort des personnes poursuivies pour fraude lors des examens nationaux.
Tout au long de la mobilisation, les participants ont insisté sur le caractère pacifique de leur démarche. Ils ont expliqué vouloir attirer l’attention des autorités sur les conséquences humaines des poursuites engagées, notamment après le décès d’un candidat qui faisait l’objet d’une procédure judiciaire.
« Nous ne sommes pas là pour nous opposer à qui que ce soit. Nous sommes là pour demander simplement la libération des autres. Mamadou Djouma est décédé, nous ne pouvons plus le ramener. Tout ce que nous pouvons faire aujourd’hui, c’est prier pour lui », a déclaré Kadiatou Diallo, l’une des manifestantes.
Les manifestants ont également évoqué la situation d’une femme détenue dans cette affaire, soulignant qu’elle est mère d’un jeune enfant. Pour eux, cette situation mérite une attention particulière de la part des autorités.
« Il y a une mère en prison. Nous demandons aux autorités de penser à cette femme et à son enfant », a plaidé Kadiatou Diallo.
Au-delà de la demande de libération des personnes incarcérées, les élèves ont appelé à une révision des sanctions appliquées en cas de fraude aux examens nationaux. Selon eux, l’annulation des épreuves ou de la session concernée constituerait une sanction suffisamment dissuasive, sans qu’il soit nécessaire de recourir à des poursuites pénales.
« Si un élève fraude, qu’on annule simplement son examen pour cette année. L’année suivante, il pourra reprendre le baccalauréat », a estimé la manifestante.
Cette mobilisation intervient dans un contexte où les autorités guinéennes ont renforcé la lutte contre la fraude scolaire afin de préserver la crédibilité des examens nationaux. Si cette politique est saluée par une partie de l’opinion, elle suscite également des interrogations sur la proportionnalité des sanctions judiciaires appliquées aux candidats impliqués.
À ce stade, les autorités judiciaires ne se sont pas encore exprimées publiquement sur les revendications formulées par les manifestants.
Kalil Sylla





































