CONAKRY – La Guinée ouvre un nouveau chapitre dans la bataille pour la restitution des biens culturels africains emportés durant la période coloniale. Parmi les pièces réclamées à la France figure le Coran de Samory Touré, un manuscrit à forte valeur historique et symbolique pour le pays.
Conakry a officiellement exprimé son souhait de récupérer plusieurs manuscrits et objets patrimoniaux transférés en France pendant la colonisation. Au cœur de cette démarche figure le Coran attribué à Samory Touré, figure emblématique de la résistance africaine face à la conquête coloniale française à la fin du XIXᵉ siècle.
Conservé aujourd’hui au musée de l’Armée à Paris, ce document est considéré par les autorités et les spécialistes du patrimoine comme une pièce d’une importance exceptionnelle pour la mémoire collective guinéenne.
Selon Elara Bertho, chargée de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et directrice du conseil scientifique du projet de musée de Conakry, ce manuscrit dépasse sa dimension religieuse pour revêtir une portée historique et identitaire majeure.
« Le Coran de Samory Touré a une valeur iconique pour la Guinée », a-t-elle expliqué, soulignant l’importance de cet objet dans la transmission de l’histoire nationale et dans la valorisation du patrimoine culturel africain.
Cette demande guinéenne s’inscrit dans un mouvement plus large engagé par plusieurs pays africains qui réclament le retour d’œuvres, de manuscrits et d’objets culturels acquis ou transférés durant la période coloniale.
À travers cette démarche, la Guinée entend également renforcer la préservation de sa mémoire historique et offrir aux générations futures un accès direct aux traces matérielles de son passé.
Le projet de musée de Conakry pourrait ainsi devenir un espace majeur de conservation et d’exposition de ces patrimoines retrouvés, au service de la culture et de l’identité nationale.
Avec la Rfi





































