Le ministre des Affaires étrangères et des Guinéens établis à l’étranger, Morissanda Kouyaté, a présenté ce mercredi 9 septembre 2026, à Conakry, le document de politique étrangère de la République de Guinée. Une nouvelle feuille de route qui entend renforcer les relations internationales du pays tout en plaçant la défense de la souveraineté nationale au cœur de l’action diplomatique.
La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre Bah Oury et de plusieurs chefs de missions diplomatiques accrédités en Guinée. À cette occasion, le chef de la diplomatie guinéenne a exposé les grandes lignes de cette nouvelle orientation, fondée notamment sur le respect mutuel, la confiance et la recherche d’intérêts réciproques avec les partenaires de la Guinée.
Pour Morissanda Kouyaté, Conakry reste pleinement ouverte à la coopération internationale, mais entend désormais privilégier des partenariats compatibles avec ses intérêts nationaux et le respect de sa souveraineté.
« Nous sommes prêts à travailler sous le leadership du général Mamadi Doumbouya, président de la République. Nous sommes prêts à travailler avec tous ceux qui respectent notre souveraineté et partagent notre ambition de paix et de développement », a déclaré le ministre.
Selon lui, la Guinée veut construire des relations internationales « durables », reposant sur la confiance, la clarté des engagements et le bénéfice réciproque. Une approche qui traduit, à ses yeux, la volonté de faire de la diplomatie un instrument au service des priorités nationales.
Préserver l’héritage, adapter les méthodes
Dans son intervention, Morissanda Kouyaté a également rendu hommage aux diplomates et responsables qui ont contribué, au fil des décennies, à bâtir l’image de la Guinée sur la scène internationale.
Il a estimé que leur héritage constitue un socle sur lequel la nouvelle génération doit continuer à construire, tout en adaptant les méthodes diplomatiques aux réalités du monde actuel.
« Le meilleur hommage que nous puissions leur rendre est de préserver les principes tout en renouvelant les méthodes », a-t-il souligné, saluant l’engagement de ceux qui ont œuvré avant lui à la construction d’une diplomatie guinéenne respectée.
Le ministre a par ailleurs adressé des remerciements appuyés au Premier ministre Bah Oury pour son accompagnement et la place accordée à la diplomatie dans l’action gouvernementale.
Il a notamment salué « l’engagement spécifique, énergique, sans calcul » du chef du gouvernement, estimant que celui-ci a toujours accordé une place importante aux questions diplomatiques.
De la Guinée de 1958 à la Guinée de 2026
Pour Morissanda Kouyaté, la présentation du document de politique étrangère ne constitue pas l’aboutissement d’un processus, mais le début d’une nouvelle étape pour la diplomatie guinéenne.
Le ministre s’est appuyé sur l’histoire du pays pour illustrer les ambitions de cette nouvelle politique étrangère. Il a rappelé le rôle pionnier joué par la Guinée indépendante de 1958, qui avait fait le choix de la souveraineté et de la liberté.
« La Guinée de 1958 a montré à l’Afrique qu’un peuple pouvait choisir la liberté. La Guinée d’aujourd’hui doit démontrer qu’un peuple libre peut transformer sa souveraineté en puissance d’action, ses ressources en développement et ses relations internationales », a-t-il affirmé.
À travers cette nouvelle doctrine, le gouvernement entend ainsi renforcer la capacité de la Guinée à défendre ses intérêts, accroître son influence et mieux valoriser ses partenariats internationaux.
« Une diplomatie qui protège, influence et développe »
Le chef de la diplomatie guinéenne veut désormais inscrire l’action extérieure du pays dans une logique plus stratégique, où les relations internationales doivent contribuer directement aux objectifs de développement national.
Il a ainsi résumé la vision portée par son département en trois axes : protection des intérêts guinéens, influence sur la scène internationale et contribution au développement.
« Nous construirons une diplomatie sous le leadership du président de la République. Une diplomatie qui protège. Une diplomatie qui influence. Une diplomatie qui développe. Une diplomatie digne du passé pionnier de la Guinée et résolument tournée vers l’avenir de son peuple », a conclu Morissanda Kouyaté.
La présentation de ce document marque ainsi une nouvelle étape dans la volonté affichée par Conakry de redéfinir ses priorités diplomatiques et de faire de la souveraineté nationale, des intérêts réciproques et du développement les principaux piliers de sa politique étrangère.
Saliou Keita






































